La start-up française Mistral AI lève 385 millions d'euros pour son IA open source

Six mois après sa création, la start-up vedette de l'IA en France est désormais valorisée à deux milliards de dollars. Le prestigieux fonds Andreessen Horowitz et le leader des GPU Nvidia sont entrés dans son capital.

Guillaume Lample, Arthur Mensch et Timothée Lacroix, cofondateurs de Mistral AI
Guillaume Lample, Arthur Mensch et Timothée Lacroix, cofondateurs de Mistral AI

Mise à jour le 11 décembre : Nouvelle levée de fonds d’envergure pour Mistral AI. Lundi 11 décembre, la start-up française spécialisée dans l’intelligence artificielle générative a officialisé un tour de table de 385 millions d’euros, mené par le prestigieux fonds de capital-risque américain Andreessen Horowitz. Nvidia, Salesforce, BNP Paribas ou encore CMA CGM ont également participé à l'opération, dont une partie a été réalisée sous la forme d’obligations convertibles. Six mois après son lancement, Mistral AI est désormais valorisée à deux milliards de dollars.

Article original : Six mois à peine après son lancement, Mistral AI devrait bientôt franchir la barre des deux milliards de dollars (1,85 milliard d'euros) de valorisation. Selon l’agence Bloomberg, la start-up française, spécialisée dans l’intelligence artificielle générative, prépare en effet une nouvelle levée de fonds auprès de prestigieux investisseurs.

Levée menée par Andreessen Horowitz

Profitant de l’euphorie autour de l’IA, Mistral pourrait ainsi recueillir 445 millions d'euros supplémentaires. La majorité de cette somme (325 millions) serait apportée en fonds propre, notamment par le prestigieux fonds américain Andreessen Horowitz, qui investirait à lui seul 200 millions d'euros. Le reste (120 millions) prendrait la forme d’obligations convertibles, souscrites par les géants américains Nvidia et Salesforce.

Dans le cadre de cette opération, les trois cofondateurs de Mistral auraient accepté de vendre pour un million d’euros de titres, explique par ailleurs Bloomberg. Même chose pour Cédric O, l’ancien secrétaire d’Etat au numérique, devenu conseiller de la start-up au printemps. Et qui œuvre notamment auprès du gouvernement pour limiter le champ d’application de la prochaine réglementation de l’IA en Europe.

En juin, un mois après sa création, Mistral avait déjà levé 105 millions d'euros, sur la base d’une valorisation de 240 millions. Du jamais vu en France pour une start-up en phase d’amorçage. Ces chiffres record s’expliquent en grande partie par les CV de ses fondateurs, trois anciens des très réputés DeepMind et FAIR, laboratoires respectifs de Google et de Facebook en IA.

Modèle open source

Début octobre, Mistral a lancé son premier grand modèle de langage. Un modèle de petite taille, en open source disponible gratuitement et sans restriction pour tous les développeurs. Ce choix est considéré comme le seul moyen de pouvoir "créer une alternative crédible à l’oligopole émergent de l’IA", composé de Google, d’OpenAI, soutenu financièrement par Microsoft, de Meta, la maison mère de Facebook, ou encore d’Anthropic, alliée avec Amazon, qui disposent de ressources bien plus considérables.

Baptisé Mistral 7B, ce modèle est composé de 7,3 milliards de paramètres, très loin des 1800 milliards de paramètres que compterait GPT-4, la dernière version du grand modèle de langage d’OpenAI. Mistral assure qu’il est plus performant "sur tous les standards" que la version 13B de LLaMA 2, le dernier modèle de Meta, lui aussi (en partie) open source. Il ferait aussi mieux sur "beaucoup de standards" que la version 34B.

"Première étape"

En octobre, la start-up avait indiqué que quatre entreprises françaises avaient lancé des tests, par exemple, pour développer des applications de service clients. Elle promettait aussi qu’il ne s’agissait que d’une "première étape". D’autres modèles seront publiés "progressivement", permettant de "réduire l’écart de performance" avec les IA génératives fermées d’OpenAI ou Google.

À terme, Mistral souhaite offrir une gamme de produits spécialisés et adaptés à différentes utilisations, devant optimiser les coûts de fonctionnement – les petites IA demandent moins de puissance informatique pour générer du texte. La start-up va aussi devoir bâtir son offre commerciale : des services payants accompagnant ses modèles gratuits.

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