La start-up H s'élance dans la course à l'IA générative avec un financement initial de 220 millions de dollars

Se concentrant sur le développement d'agents IA censés accélérer la productivité des salariés, la start-up H annonce une levée de fonds d'amorçage attirant aussi bien les investisseurs français qu'étrangers. Implantée à Paris, la société se rêve déjà en successeur de Mistral AI.

start-up H company IA -
start-up H company IA -

La start-up H sort de son nid. Se présentant comme une société qui "travaille sur des modèles d'action, pour augmenter la productivité des travailleurs" avec "des capacités d'IA scandaleuses pour l'automatisation des tâches et la prise de décision" (rien que ça), elle se lance sur le marché de l'intelligence artificielle à Paris avec une levée de fonds initiale de 220 millions d'euros.

Les investisseurs comptent Accel, UiPath, Bpifrance - via son fonds Large Venture – mais aussi Eric Schmidt, Xavier Niel, Amazon, FirstMark, Elaia Partners, Eurazeo et Yuri Milner. Parmi les autres participants au tour de table figurent Aglaé Ventures – fonds en capital-risque de Bernard Arnault – ainsi que Creandum, Motier Ventures, Samsung, et Visionaries Club notamment.

Des investisseurs qui bénéficient d'un accès prioritaire

Environ 40 % du financement d'amorçage est un investissement en actions traditionnel, tandis que le reste est constitué de dette convertible, qui sera convertie en actions lors des prochains cycles de financement.

En plus de leur investissement, UiPath et d'autres partenaires stratégiques travaillent avec la société nouvellement créée "dans le cadre de partenariats commerciaux, technologiques et d'accès au marché", apprend-on.

Une équipe de 25 ingénieurs prête à en démordre

L'équipe fondatrice de H peut se vanter de rassembler des scientifiques de renommée internationale en matière d'intelligence artificielle. Son dirigeant, Charles Kantor est un ancien de l'université d'Harvard et de Stanford où il a notamment été assistant d'enseignement avant de fonder H fin 2023. A ses côtés, Karl Tuyls, chief research and operations, a précédemment été directeur de recherche sur les agents multiples et la théorie des jeux chez DeepMind, où il notamment dirigé une équipe de 40 personnes. Il est également cité comme l'un des fondateurs d'AlphaRank et a codirigé les travaux sur Stratego (DeepNash) et TacticAI (Sports AI).

Laurent Sifre est, pour sa part, directeur technique de H. Egalement passé par DeepMind, il a, durant dix ans contribué à des projets emblématiques comme AlphaGo, AlphaFold, AlphaStar, Chinchilla, Gemini et Gemma. Il est également prévu que Daan Wierstra – membre fondateur de DeepMind – rejoigne prochainement l’équipe en tant que chief Scientist. Pour rappel, il est le co-inventeur des réseaux Q profonds et de deepRL, qui ont permis de résoudre le problème d'Atari, ainsi que le co-inventeur des VAE, les premiers modèles génératifs profonds performants.

L'équipe est complétée par Julien Perolat, nommé chief multi-agent, également passé par DeepMind où il a codirigé Stratego (DeepNash) et d'autres travaux fondamentaux sur la théorie des jeux et l'apprentissage par renforcement multi-agents (jeux de champ moyen, apprentissage basé sur la population). Au total, H compte une équipe initiale de 25 ingénieurs et spécialistes de l'IA issus d'entreprises de premier plan, de laboratoires universitaires et de start-up.

Proposer une nouvelle génération de modèles multimodaux

H ne manque pas d'humilité en ce qui concerne son projet. Avec "pour mission d'introduire la puissance de l’IA générative dans les entreprises", la société veut proposer "une nouvelle génération de modèles multimodaux, spécialisés sur l'action". Selon la start-up, ces modèles de fondation d’action sauront raisonner, planifier et collaborer, et ouvriront la voie à l'intelligence artificielle générale, considéré comme le graal ultime dans le domaine.

La start-up prévoit de commercialiser des modèles axés sur des verticales métiers et, pour assurer son développement, ouvre les voies du recrutement. "En outre, le capital sera utilisé pour acquérir les puissances de calcul et les données cruciales à la réalisation de percées", précise l'entreprise. Son histoire et son arrivée sur le marché de l'IA de façon inopinée n'est pas sans rappeler celle de Mistral AI.

A peine deux mois après son lancement, la start-up française avait ainsi bouclé une levée de fonds de 105 millions d'euros alors qualifiée d'historique dans un contexte économique incertain. Aujourd'hui, elle est considérée comme un acteur français capable de rivaliser avec les géants technologiques américains dans le secteur de l'IA. Il conviendra donc de surveiller de près le développement de la start-up H afin de savoir si elle connaîtra la même ascension.

Vous souhaitez être en veille sur l’actualité du secteur de l’intelligence artificielle ? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter IA Insider.

Newsletter L'Usine Digitale
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.