Google est à nouveau sous le feu des projecteurs. La Competition and Markets Authority (CMA) examine si le partenariat d'Alphabet - maison mère de Google - avec Anthropic a entraîné ou pourrait entraîner la création d'une situation de fusion. Le régulateur britannique de la concurrence se base pour cela sur les fusions de l'Enterprise Act 2002. Il cherche également à savoir si la création de cette situation de fusion peut impacter le marché et "entraîner une diminution substantielle de la concurrence dans tout marché ou marchés au Royaume-Uni pour les biens ou les services".
Pour l'aider dans cette évaluation, la CMA invite toute partie intéressée à lui faire part de ses observations sur l'opération avant le début de son enquête formelle. Elle prévoit de recueillir toute information jusqu'au 13 août avant de lancer une enquête formelle. Le travail minutieux mené par la CMA n'a par ailleurs rien d'anodin : la semaine dernière, cette dernière a publié une déclaration conjointe avec ses homologues des États-Unis et de l'Union européenne, promettant de travailler ensemble pour préserver une concurrence équitable dans le secteur de l'IA.
Des milliards investis dans Anthropic
Fondée par d'anciens ingénieurs d'OpenAI, Anthropic s'était donné pour mandat à sa création en 2021 de créer des modèles d'intelligence artificielle dont les mécanismes et résultats peuvent être compris et expliqués. Sans compter les impératifs éthiques, l'intérêt est notamment que ceux-ci nécessitent moins d’interventions humaines après leur entraînement. Elle s'est rapidement fait remarquer avec son modèle Claude, qualifié de sérieux concurrent de ChatGPT. Ainsi, en février 2023, Google a annoncé prendre une participation de 10% de la start-up, à hauteur de 300 millions de dollars.
En octobre 2023, rebelote : Google officialise un investissement pouvant grimper jusqu'à 2 milliards de dollars. Le moteur de recherche prévoit d’abord d'injecter 500 millions de dollars sous la forme d’obligations convertibles, qui se transformeront en actions lors de la prochaine levée de fonds d’Anthropic. Le reste de la somme pourra être réclamé par la start-up au cours des prochaines années. Cette opération reprend la même structure que l’accord trouvé fin septembre avec Amazon. Le géant du commerce en ligne a, lui, apporté 1,25 milliard de dollars à Anthropic, avant de confirmer monter à quatre milliards lors du premier trimestre 2024.
Une mainmise sur les petits acteurs de l'IA
Ces deux investissements s’accompagnent d’accords commerciaux sur l'utilisation des cloud de Google et d’Amazon pour entraîner puis faire tourner les grands modèles de langage de la start-up, renforçant l'idée d'une mainmise de géants technologiques sur de plus petites structures dans le secteur de l'IA générative. Interrogé par Reuters, un porte-parole d'Anthropic a déclaré que la société coopérerait avec la CMA et fournirait une "image complète" de son partenariat avec Google. "Nous sommes une entreprise indépendante et aucun de nos partenariats stratégiques ou relations avec les investisseurs ne diminue l'indépendance de notre gouvernance d'entreprise ou notre liberté de nous associer à d'autres", a-t-il déclaré.
Google a également commenté l'ouverture de l'enquête. Un porte-parole de la firme a ainsi déclaré : "Google s'engage à construire l'écosystème d'IA le plus ouvert et le plus innovant au monde. Anthropic est libre d'utiliser plusieurs fournisseurs de cloud et le fait, et nous n'exigeons pas de droits technologiques exclusifs."
Microsoft déjà dans le viseur du régulateur
L'enquête fait écho à une autre ouverte par la CMA mi-juillet. Elle se penche sur le rapprochement observé en début d'année entre Microsoft et la start-up Inflection AI. L'objectif est de comprendre si oui ou non les accords avec la start-up Inflection AI peuvent être qualifiés ou non de fusion et nuire à la concurrence sur le marché de l'IA générative. Pour mémoire, le chercheur britannique Mustafa Suleyman a annoncé en mars dernier son départ de la start-up pour prendre les rênes d'une nouvelle division "Consumer AI" au sein de la firme de Redmond.
Lui ont emboîté le pas Karen Simonyan, chief scientist et cofondatrice d'Inflection AI, ainsi que la plupart des 70 membres de l'équipe. Reutersavait rapporté quelques jours plus tard que Microsoft avait accepté de payer à la start-up environ 650 millions de dollars en espèces dans le cadre d'un accord inhabituel lui permettant d'utiliser à la fois les modèles d'IA générative d'Inflection AI et de procéder à cette embauche massive.


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