L’autorité de la concurrence italienne (AGCM) a annoncé le 25 septembre ouvrir une enquête sur Infinite Style Services Co., une société basée à Dublin qui gère le site web du détaillant de fast fashion Shein. Elle alerte sur le caractère trompeur de certaines déclarations environnementales sur le site du géant chinois, dans les rubriques “#SheinTheKnow”, “evoluShein” et “Social Responsability”.
Une collection présentée comme “durable” avec des vêtements non-recyclables
D’après l’AGCM, l’acteur de l’e-commerce“tenterait de véhiculer une image de durabilité productive et commerciale de ses vêtements à travers des affirmations environnementales génériques, vagues, déroutantes et/ou trompeuses”. Dans une des sections du site, Shein met par exemple en avant une collection “durable”, alors même que les vêtements ne sont plus recyclables et que le consommateur ne peut connaître la quantité de fibres “vertes” utilisées.
Le site web de Shein promeut aussi de forts engagements en faveur de la décarbonation. Une déclaration qui entre en contradiction avec l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre mentionnée dans les rapports de développement durable de Shein en 2022 et 2023. Une étude réalisée l’année dernière par l’association environnementale “Les amis de la Terre” révélait que la firme chinoise ajoutait quotidiennement sur son site entre 7 000 et 10 000 nouveaux modèles de vêtements, soit environ 1 million de produits. Cela reviendrait au total à 15 000 à 20 000 tonnes de CO² émises par jour.
Shein a de son côté déclaré dans un communiqué qu’il s’engageait à respecter les “lois et réglementations” et à “maintenir la transparence avec ses clients”. Si l’autorité italienne estime que Shein a bel et bien usé de déclarations environnementales trompeuses, le géant de la fast fashion s’expose à des amendes de l’ordre de 5000 à 10 millions d’euros. Un montant dérisoire au regard du chiffre d’affaires réalisé par Shein l’année dernière, estimé à 32 milliards de dollars (28,6 milliards d’euros).
L’Union européenne veille au grain
Cette décision intervient alors qu’un ensemble de règles contre le greenwashing est entré en vigueur au sein de l’UE. Applicable dans tous les États membres d’ici à 2026, il interdit aux sociétés de faire des déclarations environnementales vagues : les mentions “économes en énergie”, ou “respectueux de l’environnement”, par exemple, devront être accompagnées de preuves suffisantes.
Plusieurs pays européens comptent également sur Bruxelles pour garder un œil sur Shein et son concurrent Temu, cette fois-ci à propos de la vente de produits potentiellement dangereux. Six États – l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la France, les Pays-Bas et la Pologne – viennent de demander à Bruxelles d’adopter une réglementation plus stricte vis-à-vis des deux géants de la fast fashion. Fin juin, la Commission européenne avait demandé aux deux sociétés des informations supplémentaires sur leur conformité au DSA en matière de protection des consommateurs.


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