Le syndicat des acteurs américains lance un appel à la grève aux doubleurs de jeux vidéo des Etats-Unis

La Screen Actors Guild and American Federation of Television and Radio Artists (SAG-AFTRA), qui a rejoint en juillet les scénaristes d'Hollywood dans leur grève face aux géants de la télévision et du streaming, enjoint désormais les acteurs qui doublent les personnages de jeux vidéo à faire valoir leurs droits face à leurs patrons.

studio ubisoft
studio ubisoft

"Une fois de plus, nous sommes confrontés à la cupidité et au manque de respect des employeurs. Une fois de plus, l'intelligence artificielle met nos membres en danger en réduisant leur possibilité de travailler." C'est par ces mots que l'actrice Fran Drescher, présidente du syndicat professionnel états-unien SAG-AFTRA, a appelé vendredi 1er septembre les doubleurs de jeux vidéo ainsi que les professionnels de la motion capture à se soulever contre leurs patrons.

Déjà pleinement investie dans la grève des acteurs et scénaristes hollywoodiens, l'organisation espère à présent peser sur les studios comme Epic Games, Electronic Arts et Activision dans la négociation de l'Interactive Media Agreement. Ce contrat, qui lie le syndicat professionnel à une dizaine d'entreprises du jeu vidéo, devait être renouvelé mais les doubleurs n'ont pas obtenu les garanties qu'ils souhaitaient, selon le SAG-AFTRA.

"leur premier emploi pourrait être le dernier"

Des négociations sont en cours, mais "nous craignons que les entreprises ne traînent des pieds pour parvenir à un accord acceptable si elles ne font pas face à un moyen de pression substantiel", écrit le syndicat dans un communiqué. Un appel est donc lancé : les acteurs concernés doivent voter pour (à 75%) ou contre l'idée d'une mobilisation. Un vote à l'issue duquel le bureau national du SAG-AFTRA sera en mesure de déclarer une grève officielle.

Parmi les principaux griefs des syndiqués, celui, comme pour les acteurs de cinéma et de séries, de l'IA. Ils dénoncent "l'utilisation non réglementée de l'intelligence artificielle menaçant les voix et les identités qui constituent la base des carrières d'acteurs professionnels". "Pour de nombreux artistes-interprètes, leur premier emploi pourrait être le dernier, car les entreprises sont de plus en plus désireuses de scanner nos membres ou de former des IA avec leurs voix dès qu'ils se présentent au travail", note l'organisation.

Le vote doit courir jusqu'au 25 septembre, la veille de nouvelles négociations avec les dix géants du jeu vidéo. Avec la menace d'une grève, le SAG-AFTRA espère faire pression sur un secteur connu pour faire fi des critiques sur les conditions de travail de sa main d'œuvre. Mais, comme le relève le média américain Axios, rien ne dit qu'une telle mobilisation aura un impact direct sur la production de jeux vidéo. Le SAG-AFTRA en est conscient mais les enjeux lui semblent trop importants pour ne rien tenter : "Sans protection contractuelle, les employeurs demandent aux artistes-interprètes de participer sans le savoir à l'extinction de leur art et de leurs moyens de subsistance."

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