Malgré le blocage en Chine, Nvidia présente d'excellents résultats au deuxième trimestre

"Une nouvelle révolution industrielle a commencé", a commenté Jensen Huang, patron du géant américain des semi-conducteurs dont le chiffre d'affaires est largement dopé par l'essor de l'intelligence artificielle à travers le monde.

Jensen Huang CEO Nvidia à Computex
Jensen Huang CEO Nvidia à Computex

A mesure que fleurissent les outils d'intelligence artificielle (IA) et les centres de calcul à travers le monde, les résultats financiers de Nvidia s'envolent. C'est ce qu'indique le dernier bilan trimestriel de l'entreprise américaine, qui peut se targuer depuis juillet d'être la première société à avoir franchi le seuil des 4 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Au menu de son dernier rapport financier, donc, un chiffre d'affaires de 46,7 milliards de dollars (40,1 milliards d' euros), soit une augmentation de 56% par rapport à la même période de l'an passé, comme l'a souligné TechCrunch.

L'IA, premier moteur de croissance

D'après ses chiffres, Nvidia doit une grande partie de cette bonne santé économique à la demande de GPU de pointe qui continue de croître alors que les entreprises spécialisées dans l'IA, notamment générative, construisent des centres de données. Un total de 41,1 milliards de dollars (35,3 milliards d'euros) de chiffre d'affaires sont imputables à ces ventes et Blackwell, la génération de puces la plus avancée commercialisée par la société, représente à elle seule 27 milliards de dollars (23,2 milliards d'euros) de revenus. En somme, la firme estime que le chiffre d'affaires de cette partie de son activité a enregistré une augmentation de 56% par rapport à l'an dernier.

De quoi gonfler la confiance du patron de Nvidia, Jensen Huang, qui martèle que la vague de l'IA est loin d'être terminée, alors que des interrogations sur une potentielle bulle économique prête à exploser et sur un éventuel ralentissement des investissements dans ce secteur se sont fait entendre ces dernières semaines. "Une nouvelle révolution industrielle a commencé. La course à l'IA est lancée", a-t-il déclaré mercredi. Et d'appuyer son propos sur des prédictions particulièrement optimistes : "Nous prévoyons entre 3 000 et 4 000 milliards de dollars de dépenses en infrastructures d'IA d'ici la fin de la décennie."

Les ventes chinoises comme unique point noir

Nvidia peut en effet se permettre de voir grand, tant la grande majorité de ses voyants sont au vert. Son bénéfice net, évalué à 26,4 milliards de dollars (22,6 milliards d'euros) au deuxième trimestre, a ainsi enregistré une hausse de 59% par rapport à la même période de l'an passé. Et la croissance devrait se maintenir : l'entreprise s'attend, au trimestre prochain, à un chiffre d'affaires de 54 milliards de dollars (46,4 milliards d'euros), soit une progression d'environ 15% par rapport aux trois mois qui viennent de s'écouler.

Il faut dire que les clients, qui sont autant de concurrents dans la course à l'IA, ne manquent pas. En se plongeant plus profondément dans ces résultats trimestriels, on note toutefois que deux d'entre eux, dont l'identité n'est pas précisée dans les documents financiers, représentent à eux seuls 44,4% du chiffre d'affaires au deuxième trimestre de l'activité des centres de données, soit un peu plus de 18 milliards de dollars (environ 15,6 milliards d'euros) de ventes.

Un point négatif se dégage tout de même de ces annonces. Pâtissant du contexte diplomatique tendu entre la Chine et les Etats-Unis, sur fond d'intenses négociations commerciales, Nvidia n'a pas déclaré la moindre vente sur le territoire chinois de son semi-conducteur H20, destiné pourtant à ce marché très gourmand en puissance de calcul. Récemment, malgré une autorisation obtenue par le gouvernement américain d'y reprendre les ventes, l'entreprise a suspendu la production de ces puces après que le gouvernement chinois a officiellement découragé l'utilisation des puces Nvidia par les entreprises du pays.

Newsletter L'Usine Digitale
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.