Meta poursuivi aux Etats-Unis pour nuire à la sante mentale des enfants

Le réseau social est accusé d'avoir "exploité des technologies puissantes et sans précédent pour attirer et finalement piéger les jeunes", dans le seul intérêt de réaliser des profits.

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De nouveaux ennuis judiciaires pour Meta. Mardi 24 octobre, les procureurs généraux de 42 États américains ont lancé plusieurs poursuites contre la maison mère de Facebook et d’Instagram, l’accusant de nuire à la "santé mentale et physique de la jeunesse".

Ce n’est pas la première fois que le réseau social américain est attaqué devant la justice pour ne pas avoir mis en place des mesures visant à protéger les enfants et les adolescents. Comme TikTok ou YouTube, il est déjà visé par de très nombreuses plaintes, déposées par des parents et par des autorités scolaires.

"Cycle addictif"

"Meta a exploité des technologies puissantes et sans précédent pour attirer et finalement piéger les jeunes", assure l’une des plaintes, déposée par 33 États devant un tribunal fédéral californien. “Son seul intérêt est de réaliser des profits”, poursuit le texte.

Les procureurs généraux reprochent à Meta d’avoir développé des algorithmes “conçus pour capitaliser sur la libération de dopamine chez les jeunes utilisateurs”, ce qui lui aurait permis de “créer un cycle addictif". Leur plainte met aussi en avant le défilement infini de contenus et les nombreuses notifications envoyées.

Ce fonctionnement se traduirait par de nombreux effets négatifs : “dépression, anxiété, insomnie, perturbation de l'éducation et de la vie quotidienne”. Élément aggravant : Meta n’aurait pas respecté la législation américaine qui interdit la collecte et l'utilisation des données personnelles des enfants de moins de 13 ans.

Lanceuse d'alerte

"Nous sommes déçus que, au lieu de travailler de manière productive avec des entreprises de l'industrie pour établir des normes claires et adaptées à l'âge pour les nombreuses applications utilisées par les adolescents, les procureurs généraux ont choisi cette voie", regrette Meta dans un communiqué. La société met aussi en avant ses dernières fonctionnalités destinées aux parents.

Ces poursuites interviennent deux ans après les révélations de Frances Haugen, une ancienne employée de Facebook, devenue lanceuse d’alerte. Devant le Sénat américain puis le Parlement européen, elle avait accusé, document à l’appui, la société de privilégier ses profits à la sécurité et au bien-être de ses utilisateurs. “Ce n'est pas vrai”, avait alors répondu Mark Zuckerberg.

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