5,44 milliards d'euros : c'est la somme que Microsoft a accepté de débourser pour acquérir la division mobile de Nokia. "C'est un montant raisonnable par rapport à ce qu'ils obtiennent avec cette acquisition : l'accès au portefeuille de brevets et la chaîne de fabrication", estime Olivier Rafal, analyste chez PAC (Pierre Audoin Consultants).
Skype racheté 6 milliards d'euros en 2011
En réaction à cette opération annoncée ce mardi 3 septembre, de nombreux observateurs rappelaient qu'en 2011 Microsoft avait racheté Skype, spécialiste de la téléphonie par ordinateurs, pour 8,5 milliards de dollars, soit près de 6 milliards d'euros. "Skype avait une valorisation plus élevée car c'était une étoile montante parmi les acteurs de l'internet. Nokia, à l'inverse, est sur le déclin", explique Olivier Rafal.
La valeur de Nokia en Bourse n'a en effet cessé de décliner depuis l'époque où le groupe finlandais dominait le marché des téléphones portables. En 2000 et avec une valorisation dépassant les 200 milliards d'euros, Nokia s'imposait comme l'une des plus grosses capitalisations boursières en Europe. Elle représente moins de 7,5 milliards aujourd'hui.
Une dégringolade boursière qui se poursuivait malgré le succès relatif de sa gamme de smartphones Lumia. En août dernier, une note particulièrement pessimiste des analystes de Berstein prévoyait par exemple un troisième trimestre "désastreux" pour le fabricant, contribuant à faire reculer un peu plus le cours de son action.
Microsoft veut persévérer dans le marché des smartphones
Microsoft n'a donc pas dû trop puiser dans ses réserves de cash pour s'offrir Nokia. Mais comme le souligne Olivier Rafal, le groupe américain confirme également sa capacité à investir dans des marchés jugés stratégiques où le groupe compte s'imposer sur le long terme.
"Dans l'optique de persévérer dans le marché des smartphones, ce choix apparaît comme logique, indique l'analyste. Les deux groupes avaient déjà des liens industriels et personnels, le PDG de Nokia, étant un ancien de Microsoft et un proche de Steve Ballmer".
Stephen Elop est d'ailleurs préssenti pour succéder à Steve Ballmer. Mais saura-t-il réussir chez Microsoft ce qu'il n'est pas parvenu à faire chez Nokia ?
Julien Bonnet


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