Mistral, la start-up tricolore de l’intelligence artificielle générative, envisage une entrée en Bourse. "Bien entendu, c’est le plan", a déclaré son CEO et cofondateur Arthur Mensch, rapporte Bloomberg TV le 21 janvier 2025, lors du Forum économique mondial de Davos qui se tient actuellement en Suisse.
Une licorne européenne
L’ingénieur polytechnicien et normalien de 32 ans – qui a travaillé au sein du laboratoire d’intelligence artificielle de Google, DeepMind, avant de lancer Mistral AI – a également affirmé que la jeune pousse n’était pas à vendre. "L'indépendance dont nous jouissons est une chose à laquelle nous tenons beaucoup", a-t-il insisté. Il a ajouté qu’il avait quitté les géants de la tech, comme les autres fondateurs de Mistral, Guillaume Lample et Timothée Lacroix, des anciens de Meta, afin "de créer une entreprise en Europe pour montrer que l'Europe a quelque chose à dire".
Après sa création en avril 2023, la start-up avait réalisé une première levée de fonds de 105 millions d'euros, menée par des investisseurs comme le fonds américain Lightspeed, Venture Partners, Eric Schmidt, Xavier Niel, ainsi que JCDecaux Holding notamment. Sa valorisation était alors estimée à 240 millions d'euros par le Financial Times.
En juin dernier, elle avait levé 600 millions d’euros supplémentaires lors d’un nouveau tour de financement, avec une valorisation estimée à 6 milliards d’euros. En tout, l’entreprise a levé un milliard d’euros en moins d’un an.
Besoins de nouveaux financements
"Nous allons évidemment continuer à nous développer, ce qui nécessiterait de lever de nouveaux fonds à terme", a précisé Arthur Mensch à Bloomberg TV. Selon lui, Mistral dispose de "beaucoup de puissance de calcul" mais moins que ses concurrents, ajoutant que la start-up a "tout de même réussi à produire d'excellents modèles dans différents secteurs".
En février 2024, elle a lancé "Le Chat", un agent conversationnel similaire à ChatGPT, avant de dévoiler pendant l’été, deux nouveaux modèles (open source) : Codestral Mamba 7B et Mathstral 7B, ainsi que Mistral NeMo 12B. L’entreprise a également réalisé différents partenariats, dont Microsoft pour rendre son modèle Mistral Large disponible sur la plateforme Cloud Azure.
Mi-janvier, elle a conclu un accord permettant à son robot conversationnel d'utiliser les dépêches de l'Agence France Presse (AFP) pour répondre aux requêtes de ses utilisateurs. Enfin, Sébastien Lecornu, le ministre des Armées, vient d’annoncer que Mistral collaborera avec l'Agence ministérielle pour l'intelligence artificielle de défense, sans donner plus de détails sur ce partenariat.


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