Intelligence artificielle : Nvidia mis en cause par le régulateur antitrust français

Quelques jours après la publication du rapport de l'Autorité de la concurrence sur le fonctionnement concurrentiel du secteur de l'IA générative, le régulateur apparaissait prêt à s'attaquer au géant des puces Nvidia. Aujourd'hui, Benoît Coeuré, président de l'autorité administrative, confirme que des poursuites sont engagées : elles font suite aux perquisitions au siège social français de la firme en septembre dernier.

Nvidia, siège en Californie
Nvidia, siège en Californie

Mise à jour du 15 juillet 2024 : L'Autorité française de la concurrence confirme ce lundi qu'une enquête était en cours à l'encontre du fabricant de puces Nvidia concernant de prétendues pratiques anticoncurrentielles, rapporte Reuters. Benoît Coeuré, son président, a déclaré à l'agence de presse en marge d'un point presse que la société serait inculpée "si l'enquête est fructueuse". Toutefois, la communication des griefs ne se fera pas dans l'immédiat, a ajouté Benoît Coeuré.

Article original : Coup de chaud pour Nvidia. Selon Reuters, le régulateur antitrust français, à savoir l'Autorité de la concurrence, pourrait poursuivre la firme américaine en justice pour des pratiques anticoncurrentielles présumées. Plusieurs personnes ayant une connaissance directe de l'affaire affirment que cette "communication des griefs" française ferait suite à des perquisitions ayant eu lieu dans le secteur des cartes graphiques en septembre de l'année dernière, perquisitions qui visaient vraisemblablement Nvidia à son siège social français basé à Courbevoie.

Interrogée à ce sujet, l'Autorité de la concurrence n'a pas souhaité commenter l'affaire. Hasard du calendrier (ou non), l'annonce tombe quelques jours seulement après la publication du rapport du régulateur sur le fonctionnement concurrentiel du secteur de l'IA générative. La position de Nvidia en leader incontesté sur le marché ne date pas d'hier. Depuis 2005, le spécialiste des puces a gravi les échelons.

Nvidia, précurseur sur le marché de l'IA générative

Sa technologie de connectivité NVLink (couplée aux DPU BlueField-3), obtenue par le rachat de l'entreprise isréalienne Mellanox pour 6,9 milliards de dollars en mars 2019, lui confère un avantage décisif sur la concurrence au-delà même de ses GPU ou de son écosystème applicatif CUDA, environnement de développement dévoilé en 2007. Environnement qui par ailleurs est le seul système compatible à 100% avec les GPU qui sont devenus essentiels pour l'accélération des calculs.

Aujourd'hui positionné comme la référence en matière d'accélérateurs IA, Nvidia a vu ses parts de marché monter en flèche, ces dernières étant désormais estimées entre 80% et 95%. Le secteur est donc, plus que jamais, dépendant d'un seul et même acteur. Point que l'Autorité de la concurrence a bien tenté de faire remonter dans son rapport. Les risques d'abus sont multiples dans le secteur de l'IA et celui de la part des fournisseurs de puces entre en première position. D'autres géants technologiques ont tenté de renverser la tendance, à commencer par Google avec ses TPU de sixième génération taillés pour l'IA. Reste que, pour l'heure, le roi est indétrônable.

La menace d'une enquête aux Etats-Unis

Rappelons par ailleurs que l'autorité française n'est pas la seule à s'inquiéter de la place de Nvidia. Outre-Atlantique, le ministère de la justice américain serait sur le point d'ouvrir une enquête pour le même motif. Reste à savoir si l'entreprise – devenue première capitalisation boursière il y a peu – réussira à passer entre les gouttes ou devra s'acquitter d'une amende : celle-ci pouvant aller jusqu'à 10 % de son chiffre d'affaires annuel mondial, soit au maximum un montant de 6,9 milliards de dollars.

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