OpenAI annonce DALL-E 3, une version de son outil plus puissante et respectueuse des artistes

La start-up américaine a dévoilé une nouvelle version de son outil d'IA générative DALL-E. Intégré directement au robot conversationnel ChatGPT, DALL-E 3 déclinera certaines demandes de ses utilisateurs pour respecter la propriété intellectuelle d'artistes.

OpenAI Dall-e
OpenAI Dall-e

Pour présenter au monde la nouvelle version de son générateur d'images DALL-E, la start-up d'intelligence artificielle générative OpenAI a publié sur ses réseaux sociaux une vidéo "trop mignonne", selon les termes de son patron Sam Altman. On y voit un parent demander via le robot conversationnel ChatGPT de créer des représentations visuelles d'un personnage fictif, Larry le hérisson, inventé par sa fille de cinq ans.

À travers cet attendrissant montage d'une minute sur une douce mélodie jouée au piano, OpenAI vient d'annoncer une petite révolution pour le monde de l'IA générative. L'entreprise a en effet associé son outil phare ChatGPT à la troisième et plus récente version de son logiciel text-to-image DALL-E pour le rendre plus puissant et précis. DALL-E 3 sera disponible dès le mois d'octobre pour les abonnés aux formules payantes ChatGPT Plus et ChatGPT Enterprise.

"Un bond en avant"

"Les systèmes modernes de conversion de texte en image ont tendance à ignorer les mots ou les descriptions, ce qui oblige les utilisateurs à apprendre le prompt engineering, écrit OpenAI dans un billet de blog. DALL-E 3 représente un bond en avant dans notre capacité à générer des images qui correspondent exactement au texte que vous fournissez." L'outil sera directement intégré au robot conversationnel ChatGPT, lequel proposera automatiquement des images correspondant aux prompts textuels écrits par l'utilisateur.

Au-delà de cette montée en puissance vis-à-vis de DALL-E 2, OpenAI dit avoir doté son outil de nouvelles mesures préventives. Les demandes de génération d'images concernant des personnes publiques seront examinées avec plus de précision et pourront parfois être déclinées dans un effort de lutte contre la propagande et la désinformation. Le détournement, via l'IA générative, d'images impliquant des personnalités politiques inquiète en effet certains acteurs du secteur à un an de l'élection présidentielle américaine. 

Mieux considérer les artistes

Surtout, la start-up de Sam Altman souhaite montrer qu'elle a entendu les critiques (et les nombreuses poursuites judiciaires intentées contre elle) émanant d'artistes. Alors qu'on pouvait jusqu'ici demander à DALL-E d'imaginer une peinture de Larry le hérisson "à la manière de Pablo Picasso", DALL-E 3 est pensé de façon à "refuser les demandes d'images dans le style d'un artiste vivant", promet OpenAI.

Sur la question de l'entraînement de ses modèles d'intelligence artificielle, centrale dans la plupart des plaintes adressées à la justice en ce qui concerne ChatGPT, les créateurs pourront aussi agir préventivement de leur côté. Grâce à un formulaire en ligne disponible dès à présent sur le site web d'OpenAI, les créateurs pourront faire en sorte d'empêcher que leurs œuvres soient utilisées dans l'élaboration de futurs modèles de génération d'images de l'entreprise. Pour cela, ils devront les uploader directement sur le formulaire.

La start-up précise toutefois qu'elle a accès à des bases de données pouvant inclure des œuvres d'artistes "si vous avez autorisé des tiers à concéder votre image à d'autres". Dans ce cas, remplir le formulaire ne changera rien. OpenAI encourage néanmoins celles et ceux qui voudraient l'empêcher d'aspirer le contenu de leurs sites web à en interdire l'accès à ses crawlers via du code informatique.

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