L'Europe est en passe de devenir le nouveau terrain de jeu des sociétés de conduite autonome. L'entreprise sino-américaine Pony.ai a annoncé le 3 juillet avoir commencé à tester ses taxis robots de niveau 4 au Luxembourg. Le niveau 4 correspond au degré d'autonomie où la présence d'un conducteur n'est plus nécessaire dans certaines conditions, avec une vitesse limitée et le plus souvent dans une zone préalablement définie.
Des tests menés dans une commune de 2000 habitants
Cette annonce fait suite à l'autorisation délivrée début avril par le ministère luxembourgeois de la Mobilité et des Travaux publics. Les tests débutent dans la commune aux 2000 âmes de Lenningen – située à une dizaine de kilomètres à l'est de Luxembourg-ville – avec la mise en circulation de plusieurs véhicules Hyundai conduits par un chauffeur de sécurité.
Dans le cadre de ce projet pilote, Pony.ai travaille avec le groupe Émile Weber. Initialement spécialisée dans le transport par autobus et autocar, l'entreprise du duché propose désormais des services de taxi et VTC et possède une flotte de plus de 1600 véhicules. Une partie de son activité est également dédiée à la location de camping-cars et véhicules utilitaires et au tourisme en lien avec des agences de voyage. “D'autres zones seront déployées par Émile Weber et Pony.ai”, avance la société sino-américaine dans un post LinkedIn.
Un centre européen de R&D près de la frontière française
Pony.ai a également choisi le Luxembourg comme camp de base pour ses activités européennes. L'entreprise a ouvert en septembre dernier un centre européen de R&D et de déploiement au Technoport d'Esch-sur-Alzette, près de la frontière française. Une décision qui s'inscrit dans les efforts portés par le gouvernement luxembourgeois dans la conduite autonome, élevée au rang de “priorité” selon le ministre de l'Économie Lex Delles.
À l'instar de Pony.ai, plusieurs sociétés de conduite autonome s'intéressent à un déploiement sur le Vieux Continent. C'est le cas de la start-up britannique Wayve, qui va lancer des essais avec des véhicules autonomes de niveau 4 à Londres, en partenariat avec Uber. Momenta entend aussi déployer des taxis autonomes avec Uber dès l'année prochaine, tandis que WeRide opère un programme pilote en Suisse. Baidu, enfin, cible également le pays helvétique ainsi que la Turquie.
Flou juridique
Mais pour toutes ces sociétés, rien n'est joué : de nombreux pays européens n'ont pas pris position sur le niveau d'autonomie envisageable pour les véhicules circulant sur leurs routes. La conduite autonome de niveau 3, où le conducteur peut parfois lâcher les pédales et le volant, est par exemple autorisée en France depuis 2022. Certains pays, comme l'Allemagne, accordent des autorisations au cas par cas. Sur le niveau 4, le Parlement européen se contente d'indiquer : “Les véhicules autonomes (niveaux 3 et 4) sont actuellement en phase de test et devraient entrer sur le marché entre 2020 et 2030”.
Fondée en 2016, Pony.ai exploite plus de 300 taxis autonomes dans les villes chinoises de Pékin, Shenzhen, Shanghai et Guangzhou. La société prévoit de débuter cet été la production en série du Toyota bZ4X, un taxi entièrement autonome issu d'une coentreprise avec le constructeur japonais et GAC. Elle revendique avoir parcouru 45 millions de kilomètres dans le cadre d'essais de véhicules et a récemment déployé certaines voitures à Séoul pour un programme de test.


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