C'est une véritable pluie de milliards qui se déverse sur la capitale depuis quelques jours, à l'occasion du Sommet pour l'Action sur l'IA. Entre 30 et 50 milliards d'euros promis par un consortium franco-émirati, 20 milliards par Brookfield, 10 milliards par Fluidstack… En marge de tous ces acteurs, la discrète start-up française Sesterce a annoncé son propre projet colossal à 52 milliards d'euros.
Une grande ambition
"Sesterce lance un grand plan d’investissement d’un montant global de 52 milliards pour le déploiement d’infrastructures d’entraînement de l’IA en France d’une puissance de 1,5 GW et 1,2 million de GPUs d’ici 2030", avance la start-up dans un communiqué. Une annonce surprenante, eu égard à la relative jeunesse de Sesterce.
En réalité, ce montant a été calculé par la société en multipliant le coût catalogue moyen d'un GPU Nvidia Blackwell B200 (33 000 euros, d'après Sesterce) par le nombre d'unités dont elle souhaite se doter. La somme restante (plus de 12 milliards d'euros tout de même) devrait être consacrée aux investissements dans les infrastructures.
Interrogé par L'Usine Digitale sur les détails du financement de ces projets, Youssef El Mansouri, le PDG de Sesterce, répond : "Pour la première phase, nous travaillons avec des acteurs tels que Cacib et Macquarie International, qui sont habitués à financer des projets d'envergure. Ensuite, nous nous laissons encore la liberté de savoir avec qui nous allons avancer. Nous avons beaucoup de discussions en cours."
Un premier investissement de 450 millions d'euros
Il confirme aussi la nature aspirationnelle de l'annonce, Sesterce ne disposant évidemment pas de 52 milliards d'euros de fonds propres. "Ce sont des projets, et quel que soit le type de projet annoncé lors du Sommet, aucun n'a encore récolté l'ensemble des fonds. Nous sommes prêt à démarrer sur une première phase ambitieuse, et le reste viendra avec les clients et avec les financeurs ensuite."
Cette première phase, c'est un investissement de 450 millions d'euros dans l'infrastructure d'un data center près de Valence (Auvergne-Rhône-Alpes). Le coût total du projet devrait être porté à 1,8 milliard d'euros après le déploiement de 40 000 GPU. La start-up a également annoncé investir sur deux sites dans le Grand Est, avec un objectif de 500 000 GPU d'ici à 2028 et une puissance énergétique de 600 MW. Elle prévoit enfin de développer un supercalculateur dans le sud de la France qui sera équipé de 200 000 GPU.
Sesterce, une start-up à l'ascension redoutable
Fondée en 2018 à Marseille, Sesterce fournit des services d'hébergement pour l'entraînement de modèles d'IA en mettant à disposition de ses clients des clusters de 100 à 15 000 GPU. La start-up a déjà déployé plus de 15 supercalculateurs, dont l'un dans un data center d'Equinix avec des GPU H200 de Nvidia. Sesterce revendique des clients de taille, comme la pépite française Mistral AI et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Elle loue ces capacités de calcul à la demande pour un minimum contractuel de 400 000 euros.
Sesterce espère se démarquer avec des racks capables de faire fonctionner des clusters qui dissipent plus de châleur que les racks traditionnels, représentant entre 150 et 250 kW par rack. Elle mise aussi sur une méthode de refroidissement moins énergivore, dans des boucles d'eau fermées, capable d'alimenter des réseaux de chaleur pour les habitations et industries situées à proximité. En 2023, elle revendiquait un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros, en hausse de 289% par rapport à l'année précédente… Reste à savoir si sa croissance sera suffisante pour être à la hauteur de ses ambitions.


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