Stellantis franchit une nouvelle étape dans le développement de véhicules autonomes. Le constructeur franco-italo-américain a annoncé le 28 octobre un protocole d'accord avec Nvidia, Foxconn et Uber. L'objectif : construire des taxis sans conducteur équipés du logiciel du géant des puces, avant de les mettre à disposition des utilisateurs de la plateforme de VTC.
Drive AGX Hyperion 10, la nouvelle plateforme de Nvidia
Stellantis se chargera de concevoir, développer et produire des véhicules autonomes, sans que ceux-ci ne soient basés sur des modèles existants. Nvidia fournira de son côté son logiciel Drive AV, prenant en charge les fonctionnalités de conduite et de stationnement autonomes. Le logiciel sera basé sur la plateforme Drive AGX Hyperion 10 nouvellement annoncée, qui comprend deux SoC Drive AGX Thor reposant sur l'architecture Blackwell, le système d'exploitation DriveOS ainsi que 14 caméras, 12 systèmes à ultrasons, 9 radars et un lidar.
Avec sa plateforme, Nvidia entend créer une architecture de référence pour le secteur. “Elle permet aux constructeurs automobiles de construire des voitures, des camions et des vans équipés de matériel et de capteurs validés, capables d'héberger tout logiciel de conduite autonome compatible”, avance la firme de Santa Clara. En l'espèce, Drive AGX Hyperion 10 sera intégré aux plateformes AV-Ready de Stellantis, conçues pour accueillir les capacités de conduite autonome de niveau 4 (à allure limitée et parfois dans une zone prédéfinie) avec des mises à jour régulières. AV-Ready permet notamment d'intégrer “les redondances de systèmes, les suites de capteurs avancés et l’informatique haute performance”.
Un lancement commercial qui débutera aux États-Unis
Le rôle de Foxconn reste pour l'heure à préciser, Stellantis indiquant seulement que le taïwanais “collaborera sur le matériel et l'intégration des systèmes”. Les deux entreprises se connaissent bien : en 2023, elles ont créé SiliconAuto, une joint-venture censée produire dès l'année prochaine des semi-conducteurs pour l'industrie automobile. Une partie de ces composants devrait être utilisée pour STLA Brain, l'architecture logicielle de Stellantis permettant aux développeurs de créer et mettre à jour des fonctionnalités “over-the-air” (OTA).
Une fois ces véhicules mis au point, ils seront déployés sur la plateforme Uber. La multinationale américaine planche sur un lancement commercial dès lors que 5000 unités seront produites, dans plusieurs villes à travers le monde en commençant par les États-Unis. “Les programmes pilotes et tests devraient s’intensifier au cours des prochaines années, le début de la production étant prévu pour 2028”, ajoute Stellantis. À l'ouverture des marchés ce matin, le cours de l'action du constructeur gagnait 3%.
Stellantis travaille aussi avec Pony.ai
Ce partenariat quadripartite intervient moins de deux semaines après la signature d'un protocole d'accord entre Stellantis et le sino-américain Pony.ai, visant à tester des taxis autonomes en Europe. L'enjeu est sensiblement différent : l'entreprise de conduite autonome a prévu d'intégrer son logiciel à des modèles déjà en circulation, à savoir des Peugeot e-Traveller. De premiers essais sont prévus au Luxembourg l'année prochaine.
Uber et Nvidia se sont associés dans la conduite autonome en début d'année, permettant au second de s'appuyer sur les données du premier pour entraîner ses puces et modèles d'IA. Le partenariat a pris une toute autre ampleur hier, lorsque Nvidia a annoncé travailler avec d'autres constructeurs, tels que l'américain Lucid et Mercedes-Benz. Uber devrait proposer dès 2027 des taxis autonomes équipés du logiciel Nvidia sur sa plateforme, avant d'atteindre progressivement les 100 000 exemplaires. Le numéro 1 du VTC a pour l'heure lancé un service de taxis autonomes avec Waymo à Atlanta et à Austin ainsi qu'avec WeRide au Moyen-Orient.


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