Stellantis et Pony.ai vont développer et tester des taxis autonomes en Europe

Le constructeur s'associe à la société sino-américaine de conduite autonome Pony.ai afin d'accélérer le développement de taxis autonomes dans plusieurs villes européennes. Des véhicules d'essai Peugeot e-Traveller équipés du logiciel de Pony.ai devraient circuler dans les prochains mois au Luxembourg, où l'entreprise de conduite autonome a placé son centre européen de R&D.

Peugeot e-Traveller van électrique
Des Peugeot e-Traveller équipés de la solution de conduite autonome de Pony.ai devraient être testés dans les prochains mois au Luxembourg.

Stellantis s'intéresse à nouveau à la conduite autonome. Le constructeur franco-italo-américain annonce ce 17 octobre un protocole d'accord non contraignant avec Pony.ai, l'une des entreprises en pointe dans le secteur. L'objectif : développer et tester conjointement des taxis autonomes dans plusieurs villes du Vieux Continent.

Dans les prochains mois, plusieurs véhicules d'essai, des vans électriques Peugeot e-Traveller équipés de la technologie de conduite autonome de Pony.ai, devraient être mis en circulation au Luxembourg. Le duché est devenu le terrain de jeu européen de Pony.ai, l'entreprise sino-américaine y ayant implanté son siège européen et son centre de R&D. Elle teste également depuis cet été plusieurs véhicules Hyundai équipés de sa solution à Lenningen, une petite commune à l'est de Luxembourg-ville.

Un partenariat centré sur les véhicules utilitaires légers

Plus précisément, le logiciel de conduite autonome de Pony.ai sera intégré à AV-Ready, la plateforme de Stellantis conçue pour prendre en charge les capacités autonome de niveau 4. Une plateforme qui “ajoute des fonctionnalités telles que la redondance des systèmes et la compatibilité avec des suites de capteurs avancées pour intégrer une pile logicielle de conduite autonome”, ajoute Stellantis dans un communiqué. Le niveau 4 correspond à un palier où la présence d'un conducteur n'est plus nécessaire, mais où la vitesse est limitée et le plus souvent dans une zone prédéfinie.

“L’objectif initial du partenariat sera les véhicules utilitaires légers (VUL), un segment dans lequel Stellantis, via Pro One, occupe une position de leader en Europe”, ajoute le constructeur. Après de premiers essais au Luxembourg, les deux sociétés prévoient d'étendre les tests dans plusieurs villes européennes dès l'année prochaine, sans pour autant préciser lesquelles.

Stellantis fait son retour dans la conduite autonome

Stellantis indique enfin que les tests en conditions réelles serviront à “la validation de la sécurité, des performances et de la préparation réglementaire”. La réglementation européenne sur le sujet est très variable : en France, par exemple, seule la conduite autonome de niveau 3 est pour l'heure autorisée. L'Europe ne donne que peu de précisions sur les niveaux 4 et 5 : “Les véhicules autonomes (niveaux 3 et 4) sont actuellement en phase de test et devraient entrer sur le marché entre 2020 et 2030”, est-il simplement indiqué sur le site du Parlement européen.

Ce partenariat signe un retour de Stellantis dans la conduite autonome, après avoir abandonné cet été son programme de niveau 3. Le système, baptisé STLA AutoDrive et présenté par le constructeur en février, devait permettre une conduite sans supervision jusqu'à 60 km/h. “Idéal pour les trajets domicile-travail en milieu urbain dense, STLA AutoDrive permettra aux conducteurs de se consacrer temporairement à d’autres activités, comme regarder un film, consulter leurs e-mails, lire un livre ou simplement admirer le paysage”, avançait alors Stellantis. Le groupe a dû faire face à des coûts relativement élevés sur la technologie et émettait des doutes quant à l'adhésion de sa clientèle à ce type de conduite.

Les projets en Europe se multiplient

Avec cet accord, Pony.ai s'allie pour la première fois à un constructeur automobile occidental. La société exploite plus de 300 taxis autonomes dans les villes chinoises de Pékin, Shanghai, Shenzhen et Guangzhou. Elle prévoit en outre de déployer une flotte initiale de 1000 Toyota bZ4X, un taxi entièrement autonome issu de la coentreprise avec le constructeur japonais et GAC. Pony.ai teste enfin des véhicules aux États-Unis, après s'être vue retirer le permis en Californie en raison d'un accident sur un séparateur central.

Le lancement de ce développement conjoint intervient moins de deux jours après l'annonce par le numéro 1 de la conduite autonome Waymo de son intention de déployer des taxis robots à Londres l'année prochaine. D'autres projets voient le jour en Europe : Lyft entend faire circuler des véhicules autonomes Baidu en Allemagne et au Royaume-Uni l'année prochaine, tandis qu'Uber espère lancer un service avec Momenta.

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