Transhumanisme et humanisme : "La Singularity university n'est pas transhumaniste", affirme Zak Allal

Le dernier épisode la notre série "le transhumanisme est-il un humanisme ?", fait le point sur la Singularity university avec Zak Allal, son ambassadeur pour la France et les zones francophones que sont la Suisse, le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest.

Zak Allal - Singularity University
Zak Allal - Singularity University

La Singulary university (SU) s’est donnée pour mission d’enseigner l’intelligence artificielle, les biotechnologies, les nanotechologies, etc. Elle a été fondée en 2008 par un duo hors norme, toujours à sa tête : Ray Kurzweil, spécialiste de l’intelligence artificielle, auteur de The age of spiritual machines, aujourd’hui patron du développement chez Google, et Peter Diamandis, physicien, fondateur de l’International Space University, de multiples entreprises et de la fondation XPrize. La SU est installée sur un site de la Nasa à deux pas du siège californien de Google.

Malgré son nom, elle n’a rien d’une université classique. Son enseignement est principalement dispensé à 80 personnes triées sur le volet dans le cadre d’un programme d’été de 10 semaines. Elle se félicite d’accueillir sur ses bancs les élites du monde entier. 

former les leaders aux technologies exponentielles

"Nous voulons former des talents, des leaders politiques, des leaders économiques, aux technologies exponentielles, précise Zak Allal, ambassadeur pour la France, et les zones francophones que sont la Suisse, le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest.  L’intelligence artificielle, les biotechnologies, la biochimie, de nombreuses technologies ont un développement exponentiel. Mais il en va de même des questions qui se posent. En santé, par exemple, le cancer, le diabète sont des maladies exponentielles. Et la médecine traditionnelle ne fonctionne aujourd’hui qu’en réaction, alors qu’avec la connaissance des gênes, par exemple, on peut la personnaliser."

En plus de ses programmes californiens, la SU chuchote aussi à l’oreille des responsables politiques avec des programmes personnalisés pour les gouvernements. Deux pays d’Europe et un pays d’Amérique Latine ont déjà répondu à l’appel. "Aujourd’hui, il y a un manque de connaissance par les décideurs de l’impact exponentiel et en rupture des technologies, précise Zak Allal. Et on ne parle pas que de l’intelligence artificielle ou du big data. Il s’agit aussi de la fiscalité, de l’économie…" Un moyen de pallier l’illitératie numérique déjà pointée par le rapport du CNNum. Mais un moyen made in Silicon Valley, loin de la neutralité.

DES SOUTIENS CONTROVERSÉS

La Singularity University est d'ailleurs controversée. Pour deux raisons principales. Son financement par Google (avec Nokia, Autodesk, IDEO Genentech et autres Linkedin), et ses liens avec le transhumanisme, tendance qui prône l’utilisation de technologies toutes puissantes au service d’un homme augmenté, plus que réparé.

"Bien sûr, il est essentiel que l’université garde son indépendance vis-à-vis de Google", précise pour commencer Zak Allal. Mais le représentant en France de la SU déplore la fine frontière entre les craintes de voir un enseignement fortement soutenu par Google se répandre, et le refus de profiter d’un tel apprentissage. Google est un des initiateurs et un des premiers financiers de la SU. Ce n’est pas un hasard si leurs locaux sont si proches.

Quant aux liens entre la SU et le transhumanisme, Zak Allal tient à faire le point : "Si l’un de nos fondateurs est ouvertement transhumaniste (Ray Kurzweil, ndlr), la SU ne l’est pas. Elle ne compte que quelques adeptes...." Il va lui falloir convaincre.

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