TSMC accélère. Le fabricant taïwanais aurait exposé aux pontes de la tech AMD, Broadcom et Nvidia son plan de joint-venture qui exploiterait les usines d'Intel, rapporteReuters. Selon la proposition, le fondeur dirigerait les opérations de la division fonderie d'Intel, mais n'en détiendrait pas plus de 50%.
Les discussions, qui en sont à un stade précoce, interviennent après que l'administration du président américain Donald Trump a demandé à TSMC, le premier fabricant mondial de puces électroniques sous contrat, de l'aider à redresser l'icône industrielle américaine en difficulté, ont déclaré les sources sous couvert d'anonymat car les discussions ne sont pas publiques.
Qualcomm a également été briefé à propos de ce projet. Si aucun montant n'a fuité, rappelons que la valeur comptable des immobilisations corporelles et incorporelles de la division fonderie s'élevait à 108 milliards de dollars au 31 décembre.
Intel n'arrive pas à remonter la pente
L'avenir du fondeur américain est toujours plongé dans l'incertitude. La présentation de ses résultats financiers le 30 janvier dernier a eu peu ou prou d'effet sur sa cotation en Bourse, le marché restant déçu par la stratégie de l'entreprise. Son chiffre d'affaires s'est élevé à 14,3 milliards de dollars au quatrième trimestre, en baisse de 7% par rapport à l'année précédente, tandis que son chiffre d'affaires annuel s'est élevé à 53,1 milliards de dollars, en baisse de 2% par rapport à l'année précédente.
Elle a par ailleurs enregistré une perte nette de 126 millions de dollars au cours du trimestre, en baisse par rapport à un bénéfice de 2,67 milliards de dollars au cours de la même période il y a un an. Rapportée à l'année écoulée, Intel a perdu pas moins de 18,8 milliards de dollars en 2024 contre un gain de 1,7 milliard de dollars pour l'année 2023. Il s'agit de la première fois dans son histoire que l'entreprise affiche une perte, en raison d'importantes dépréciations.
L'approbation de l'administration Trump nécessaire
Quoiqu'il en soit, l'accord - dont les termes ne sont pas clairs à ce stade - nécessiterait l'approbation de l'administration Trump. Seul hic (de taille) : cette dernière ne souhaite pas qu'Intel ou sa division de fonderie soient entièrement détenues par des acteurs étrangers. TSMC est actuellement en bons termes avec l'administration américaine, preuve en est avec le dernier investissement de 100 milliards de dollars aux Etats-Unis annoncé la semaine dernière.
Ce financement doit notamment servir à la construction d'usines de fabrication de semi-conducteurs dans l’Arizona. L’entreprise taïwanaise a déjà investi 65 milliards de dollars pour la création de trois sites de production similaires dans l’Etat américain.
Le procédé de fabrication, autre point de tension
Autre point de tension évident : un accord entre les rivaux historiques TSMC et Intel serait synonyme de défis majeurs à surmonter et s'avérerait coûteux et laborieux. Les deux entreprises utilisent actuellement des procédés, des produits chimiques et des configurations d'outils de fabrication de puces très différents dans leurs usines.
Reuters a rapporté la semaine dernière que Nvidia et Broadcom effectuaient des tests de fabrication avec Intel, en utilisant les techniques de production les plus avancées de l'entreprise, connues sous le nom de 18A. AMD évalue également si ce processus de fabrication lui convient. TSMC cherche en effet des investisseurs de la coentreprise qui seraient également des clients.


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