X (ex-Twitter) aurait perdu 71,5% de sa valeur depuis son rachat par Elon Musk

La stratégie d'Elon Musk pour son réseau social serait-elle mal avisée ? C'est ce que semble conclure Fidelity, qui a dévaluer ses parts dans l'entreprise de 71,5% depuis son rachat pour 44 milliards de dollars.

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Le gestionnaire de fonds Fidelity a dévalué son investissement dans X (ex-Twitter) de 71,5%. Il avait participé à l'opération de rachat du réseau social menée par Elon Musk en octobre 2022, injectant la modeste somme de 19,2 millions de dollars dans l'entreprise. L'acquisition avait coûté 44 milliards de dollars au total, en faisant l'une des plus importantes de l'histoire.

En dévaluant ses parts dans l'entreprise (par le biais d'un rapport obtenu par Axios), Fidelity fournit par extension une estimation de la valorisation générale de l'entreprise, qui ne serait plus que de 12,5 milliards de dollars. Le gestionnaire avait déjà revu la valeur de ses parts à la baisse (de 65%) il y a un mois.

Pas une surprise

Cette perte de valeur ne surprend personne. Si Twitter avait de nombreux problèmes avant la prise de contrôle d'Elon Musk, ce dernier n'a pas arrangé les choses en licenciant la grande majorité des employés de l'entreprise et bouleversant son business model tout en se mettant à dos une bonne partie de ses utilisateurs.

Son projet, la création d'une application capable de tout faire (à l'image de WeChat en Chine), n'a jusqu'à présent pas réussi à convaincre. Sa clé de voute est l'établissement d'un abonnement payant, qui devait notamment combler les pertes liées au départ des annonceurs publicitaires, aliénés par l'absence désormais quasi-totale de modération sur le réseau social et l'explosion du nombre de contenus haineux.

Les frasques d'Elon Musk n'arrangent rien

Après un premier échec sur ce plan, le milliardaire a nommé Linda Yaccarino, précédemment dirigeante des opérations publicitaires chez NBCU, en tant que CEO. Mais il est clairement apparu au fil des mois qu'il prend toujours toutes les décisions, et ses multiples incartades, notamment contre les annonceurs eux-mêmes, n'ont pas arrangé les choses.

D'après le Financial Times, le réseau social chercherait désormais à séduire les petites et moyennes entreprises pour compenser le départ des grands groupes. Cela suffira-t-il ? Rien n'est moins sûr, d'autant que la concurrence se renforce petit à petit, avec Bluesky (nouveau projet de Jack Dorsey, ex-CEO de Twitter), Threads (concurrent créé par Meta) et Mastodon (l'aternative libre et ouverte). Pour autant, Elon Musk n'a pas trop à s'en faire. Entre ses parts dans Tesla et SpaceX, il ne risque pas d'être en difficultés financières.

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