Atos et Wimi ont annoncé le 16 septembre le lancement de Workplace Souverain, une plateforme collaborative destinée aux administrations et aux entreprises opérant dans des secteurs sensibles. Cette démarche intervient alors que le marché reste largement dominé par des solutions américaines et que la gestion de la souveraineté numérique est devenue un enjeu stratégique.
Le partenariat associe l'infrastructure et l'expertise d'Atos dans les environnements numériques de travail à la suite logicielle développée par la start-up française Wimi, déjà utilisée dans plusieurs administrations et entreprises, telles que l'Assemblée nationale, le CNRS ou encore Axa.
Une alternative aux suites des hyperscalers
L'objectif est de proposer aux clients une alternative aux suites collaboratives étrangères soumises aux lois extraterritoriales, dont le CLOUD Act qui permet aux autorités américaines d'accéder, sous certaines conditions, aux données hébergées par des fournisseurs américains quelle que soit la localisation des serveurs, même ceux implantés sur le territoire européen.
L'offre cible les opérateurs d'importance vitale (OIV), les opérateurs de services essentiels (OSE) et les administrations. Elle regroupe l'ensemble des briques attendues dans un environnement de travail numérique : messagerie, partage de fichiers, visioconférence, gestion de projet, bureautique en ligne. Elle a pour ambition d'être qualifiée "SecNumCloud" par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi). Un label qui atteste du plus haut niveau de sécurisation des données.
Les difficultés à sortir des dépendances
Si l'initiative répond à une demande croissante en matière de souveraineté numérique, sa réussite n'est pas acquise. Le marché des suites collaboratives est largement verrouillé par Microsoft 365 et Google Workspace, dont la puissance d'intégration et l'adoption massive dans les organisations créent de fortes barrières à l'entrée.
Mais l'Union européenne veille de près à ces positions dominantes : récemment, Microsoft a dû accepter de dissocier Teams de ses suites Office 365 et Microsoft 365 pour éviter une sanction de Bruxelles. Ce type de concession montre que la régulation pourrait, à terme, contribuer à desserrer l'emprise des acteurs historiques et ouvrir des espaces où les alternatives sont possibles.


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