En rachetant la start-up Bee, Amazon parie sur un assistant IA au poignet

Après l'échec des bracelets connectés Halo, Amazon veut se relancer dans les wearables en rachetant la start-up californienne Bee spécialisée dans les assistants IA portables. Uniquement commercialisé aux Etats-Unis, le bracelet, couplé à une application mobile, est capable d'enregistrer, transcrire et résumer les interactions du quotidien. Ce qui soulève des questions sur la protection de la vie privée. 

Bracelet Bee
Bracelet Bee

Amazon fait un nouveau pas stratégique dans le domaine des objets connectés portables et de l'intelligence artificielle. L'entreprise est en train de finaliser le rachat de la jeune pousse californienne Bee. Le montant de la transaction n'est pas connu. 

Un bracelet à 49,99 dollars

Bee a été fondé en 2022 à San Francisco, en Californie, par Maria de Lourdes Zollo, actuelle CEO, et Ethan Sutin, actuel CTO. Il a développé un bracelet "intelligent", appelé "Bee Pioneer", vendu 49,99 dollars (environ 42,60 euros), couplé à une application mobile (19 dollars par mois). 

Equipé de deux micros et d'une autonomie d'une semaine, le bracelet enregistre les conversations en continu, les retranscrit localement, puis supprime les fichiers audio une fois le texte généré. Les résumés sont disponibles dans l'application. L'appareil peut aussi se connecter aux mails, au calendrier ou à la galerie photo pour enrichir ses recommandations. L'objet s'inscrit dans une logique d'assistance passive en collectant des données en arrière-plan pour alimenter des fonctions d'organisation personnelle.

En rupture de stock

Pour l'instant, le bracelet est uniquement disponible aux Etats-Unis et est actuellement en rupture de stock, avec une nouvelle livraison attendue à l'automne 2025. Aucune date de commercialisation internationale n'a été précisée. 

Du côté de la protection des données, l'utilisateur doit activer manuellement le bracelet pour qu'il commence à enregistrer. Autrement dit, le dispositif n'est pas en écoute permanente par défaut. Une LED indique si l'enregistrement est actif ou non. Bee promet que les enregistrements audio ne sont pas stockés, seulement transcrits localement, et que l'utilisateur garde la main sur ce qui est conservé ou supprimé. 

Bracelet Bee

Amazon, de son côté, assure vouloir respecter ces engagements de confidentialité. Il reste à voir si ces promesses seront tenues, dans un contexte où l'entreprise a déjà été critiquée pour la gestion des données de ses produits connectés, comme Ring et Alexa

L'intégration de Bee devrait se faire au sein de la division Amazon Devices, dirigée par Panos Panay, comme le laisse entendre Maria de Lourdes Zollo dans son post LinkedIn. A terme, ce bracelet pourrait s'interfacer avec Alexa, Kindle, Fire OS ou encore les services de santé connectée du géant américain. 

Tous les employés de la start-up ont reçu des offres pour rejoindre Amazon et la start-up devrait continuer à opérer depuis ses bureaux actuels basés à San Francisco. L'entreprise a déjà levé 7 millions de dollars (5,9 millions d'euros environ). 

Une tendance émergente qui déçoit déjà

Avec cette acquisition, Amazon s'inscrit dans une tendance émergente portée par les acteurs comme Humane AI et Rabbit, qui cherchent à créer une nouvelle génération d'assistants personnels dopés à l'IA. Si ces dispositifs promettent une interaction plus "naturelle" avec l'IA, sans passer par un écran, leurs premiers résultats sont contrastés. Le Rabbit R1 a été critiqué pour ses limites fonctionnelles et son manque d'utilité réelle. L'AI Pin de Humane a peiné à convaincre et a finalement été racheté par HP en février 2025.

Le bracelet de Bee porte les mêmes ambitions mais il devra prouver qu'il apporte une réelle valeur ajoutée au quotidien, sans tomber dans le travers d'un gadget inabouti. 

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