La contre-offensive de Meta face aux réglementations sur l'intelligence artificielle

Meta lance un nouveau comité d'action politique destiné à peser sur les élections locales américaines afin de contrer les régulations sur l'IA. Dirigé par le républicain Brian Baker, l'entreprise compte y injecter plusieurs dizaines de millions de dollars. 

Meta logo
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Meta s'organise pour peser dans les futures règlementations encadrant l'intelligence artificielle. D'après le média Axios, la société a lancé un nouveau PAC, Political Action Committee (comité d'action politique), baptisé American Technology Excellence Project. Il sera dirigé par Brian Baker, un stratège républicain de longue date, en collaboration avec la société de conseil démocrate Hilltop Public Solutions. Meta prévoit d’y investir plusieurs dizaines de millions de dollars.

En quelques mots, les PAC jouent un rôle majeur aux Etats-Unis dans le système de financement des campagnes électorales. La structure lancée par Meta est une version plus récente qui n'a pas le droit de coordonner directement avec les candidats soutenus. Ce type de PAC a plutôt tendance à financer des campagnes de publicité, des actions de communication ainsi que des opérations d'influence en faveur ou contre un candidat. 

Une mosaïque de régulations

Pour Meta, l'idée est claire : empêcher les Etats-Unis de se doter des lois sur l'IA. Selon la société, plus de 1100 propositions de lois liées au numérique ont déjà été introduites cette année au niveau des États. "Face à une mosaïque croissante de régulations incohérentes qui menacent l’innovation et les investissements dans l’IA, les législateurs des États sont en première ligne pour garantir que l’Amérique reste un leader mondial de la technologie", a déclaré Brian Rice, vice-président en charge des affaires publiques chez Meta, au média Axios. 

Dans le détail, Rachel Holland, porte-parole du groupe, a expliqué que cette initiative visait à contrer des textes jugés mal conçus, qui risqueraient de freiner l’innovation et de fragiliser la position des États-Unis face à la Chine dans la course à l’IA. Le projet reposera sur trois axes : la défense du leadership des entreprises technologiques américaines, le soutien du développement de l’IA et le fait de donner plus de contrôle aux parents sur l’utilisation des applications et outils d’IA par leurs enfants.

Un PAC en Californie 

L’initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de mobilisation politique des acteurs de l’IA. Le mois dernier, Meta avait déjà lancé un PAC en Californie, doté lui aussi de plusieurs dizaines de millions de dollars pour soutenir des candidats favorables à l’industrie. Parallèlement, le fonds d’investissement Andreessen Horowitz (a16z) et le président d’OpenAI, Greg Brockman, ont annoncé la création d’un autre PAC, doté de 100 millions de dollars, pour s’opposer aux régulations jugées trop strictes.

À Washington, l’inaction du Congrès a souvent servi les intérêts de l’industrie, permettant aux lobbyistes de freiner des régulations fédérales. Mais dans les assemblées locales, les textes de loi passent souvent plus rapidement. Le défi des super PAC comme celui de Meta pourrait donc s’avérer plus complexe au niveau des États.

Des stratagèmes déployés en Europe

Les grandes entreprises technologies s'organisent également à l'échelle européenne. Une enquête conjointe de Corporate Europe Observatory et LobbyControl, deux ONG spécialisées dans la surveillance du lobbying, révélait les stratagèmes déployés pour affaiblir le Code de bonnes pratiques pour l'IA à usage général, un texte qui accompagne la mise en application de l'AI Act. Google, Microsoft, Amazon, Meta ou encore OpenAI ont ainsi pu participer à des ateliers exclusifs, sans que leurs comptes rendus aient été systématiquement partagés avec les autres participants. 

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