Ursula von der Leyen a du courrier. Jeudi 3 juillet, la présidente de la Commission européenne s'est vue adresser une lettre ouverte signée par 46 grands patrons du Vieux Continent réclamant un report de l'entrée en vigueur complète de l'AI Act. Publié en ligne par une entité baptisée "EU AI Champions Initiative", le texte critique "des réglementations européennes peu claires, qui se chevauchent et deviennent de plus en plus complexes", mettant "en péril les ambitions de l'Europe en matière d'IA".
Mistral, Total Energies, BNP Paribas...
Parmi les dirigeants l'ayant paraphé, on retrouve nombre de poids lourds, tous secteurs d'activité confondus, mais surtout allemands et français. Outre-Rhin, y figurent la compagnie aérienne Lufthansa et sa leader Grazia Vittadini, Christian Bruch à la tête de l'énergéticien Siemens Energy ou encore Ola Källenius, président du directoire du constructeur automobile Mercedes-Benz.
Côté français, la liste est aussi longue : Patrick Pouyanné (Total Energies), Arthur Mensch (Mistral), Alexandre Bompard (Carrefour), Guillaume Faury (Airbus), Jean-Laurent Bonnafé (BNP Paribas), Bernard Charlès (Dassault Systèmes), Maurice Lévy (Publicis), Philippe Corrot (Mirakl)...
Une pause de deux ans souhaitée
Ces derniers redoutent l'échéance du 1er août 2025, date à laquelle l'un des principaux volets du règlement européen sur l'intelligence artificielle, doit entrer en application. Celui-ci concerne les modèles d'IA dits "à usage général", tels que ChatGPT ou Copilot, qui devront notamment faire preuve de transparence quant à leur documentation technique et à leurs données d’entraînement.
Avec leur courrier, ils espèrent ainsi obtenir de la Commission européenne une pause de deux ans dans ce calendrier afin, disent-ils, de "permettre une mise en œuvre raisonnable [des principales obligations de l'AI Act] par les entreprises et de simplifier davantage les nouvelles règles".
Un lobbying qui rappelle celui des Big Tech
Les grands patrons, qui appellent de leurs voeux "une approche réglementaire plus proportionnée et plus favorable à l'innovation", estiment en effet qu'en l'état, la réglementation et l'absence de code de bonnes pratiques, lequel a vu sa publication repoussée, "compromet non seulement le développement de champions européens, mais aussi la capacité de toutes les industries à déployer l'IA à l'échelle requise par la concurrence mondiale".
Un effort de lobbying qui en rappelle un autre, celui des Big Tech américaines qui tentent depuis plusieurs mois d'affaiblir la réglementation européenne sur l'intelligence artificielle. Selon le quotidien britannique The Financial Times, Bruxelles a d'ailleurs organisé mercredi 2 juillet une réunion intensive avec de grands groupes technologiques états-uniens pour discuter d'une nouvelle version adoucie de sa réglementation.


![[ÉNERGIES] Déployez vos projets IA à l’échelle, inspirez-vous du cas ENGIE Entreprises et Collectivités](https://cdn.webikeo.com/webinar_logo/2025-10-24-ac93013fcd6c2ea907b5a091f0e74c90.png)
