La France devient le troisième pays européen en nombre de data centers

La France se hisse à la troisième place du classement européen des data centers, avec plus de 700 mégawatts de capacité installée fin 2024, soit une progression de 40% en un an. Dopée par l'essor de l'IA et du cloud, la filière française vise 2,3 gigawatts d'ici 2030. 

Data center
Data center

Avec plus de 700 mégawatts de capacité installée fin 2024, la France devient le troisième pays d'Europe en matière d'infrastructure de data centers, avec une progression de 40% en un an. Elle se positionne juste derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne. 

4,3 GW en 2035

Ces chiffres sont issus du troisième baromètre de France Datacenter, l'organisation professionnelle des acteurs de l'écosystème des data centers en France, publié le 9 juillet. Mené par EY Parthenon, il prévoit que la capacité installée pourrait atteindre 4,3 gigawatts d’ici 2035 contre 714 mégawatts en 2024.

Cette trajectoire repose sur une croissance moyenne annuelle de 22% entre 2024 et 2030. Sans grande surprise, la dynamique est largement portée par les besoins liés à l'intelligence artificielle qui devraient représenter entre 35 et 40% des capacités installées à la fin de la décennie. 

16 milliards d'euros d'investissements

De plus, le secteur prévoit 16 milliards d'euros d'investissements entre 2025 et 2030. Plus de 80% des acteurs interrogés déclarent vouloir investir dans les trois prochaines années, principalement dans les équipements, les logiciels, les infrastructures et l'immobilier. 

De manière générale, la filière représente 48 400 emplois en équivalent temps plein, dont 30 000 emplois directs. Les contrats à durée indéterminée constituent 91% des postes, soit sept points de plus que la moyenne nationale. Le secteur attire une grande diversité de profils avec 29% de salariés diplômés de niveau bac plus cinq et 22% de bac plus deux. Plus de 40% des entreprises ont mis en place des dispositifs d’insertion ou de reconversion professionnelle.

D'après France Datacenter, la France bénéficie d'un avantage compétitif majeur sur le plan énergétique. En 2024, 95% de l’électricité produite est décarbonée grâce au nucléaire et aux renouvelables. L’intensité carbone moyenne de l’électricité atteint 22 grammes de CO2 par kilowattheure, un niveau 18 fois inférieur à celui observé aux États-Unis. Cette performance permet de contenir l’empreinte environnementale des data centers français malgré la hausse rapide de la demande. Entre 2022 et 2024, la puissance installée a progressé de 48% tandis que les émissions de gaz à effet de serre n’ont augmenté que de 11%, note le baromètre. 

Plusieurs obstacles

Malgré ces atouts, la filière reste confrontée à plusieurs obstacles structurels. Le raccordement électrique peut nécessiter jusqu’à sept ans dans certaines zones. Le manque de main-d’œuvre qualifiée oblige les entreprises à internaliser la formation de leurs techniciens et chefs de chantier. Le gouvernement prévoit des simplifications, dont la création d’un statut de Projet d’Intérêt National Majeur pour les projets stratégiques liés à l’IA ou au cloud. 

Pour maintenir son attractivité face à l’Allemagne, aux Pays-Bas ou à l’Irlande, la France devra simplifier ses procédures et accélérer la formation de ses talents, conclut l'association professionnelle. Les data centers sont devenus un enjeu stratégique à la croisée de la souveraineté numérique, de la transition énergétique et de la compétitivité industrielle.

Newsletter L'Usine Digitale
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.