Londres s’attaque à la position dominante de Google et d’Apple sur le marché des navigateurs mobiles

L'Autorité de la concurrence britannique estime que cette hégémonie bloque l’émergence de nouvelles fonctionnalités et restreint le choix des utilisateurs. Ses observations pourraient déboucher sur la désignation des deux groupes comme "sociétés stratégiques sur le marché".

 

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Un rapport d’enquête de plus de 600 pages publié le 12 mars par la Competition and Markets Authority (CMA), l'équivalent britannique de l'Autorité de la concurrence, affirme que le développement du marché des navigateurs mobiles au Royaume-Uni est ralenti par le monopole des géants technologiques Google et Apple. 

Pas de rivalité possible pour Chrome et Safari

Le rapport réalisé par un groupe d’experts du Digital Markets Unit (DMU), une branche du CMA créée il y a 4 ans, estime que cette domination entrave la créativité et limite les opportunités des utilisateurs et des entreprises. "A la suite de notre enquête approfondie, nous avons conclu que la concurrence entre les différents navigateurs mobiles ne fonctionne pas bien, ce qui freine l’innovation au Royaume-Uni", a souligné Margot Daly, la présidente du groupe d’enquête.

Les navigateurs Safari d'Apple et Chrome de Google dominent le marché. En 2024, Safari représentera 88% des navigateurs sur les appareils Apple et Chrome 77% sur les appareils fonctionnant avec le système d'exploitation Android de Google. Face à l’hégémonie du duopole américain, le CMA a annoncé en novembre dernier l’ouverture d’investigations, visant à "évaluer la position des deux entreprises dans leurs 'écosystèmes mobiles' respectifs, qui comprennent les systèmes d’exploitation, les magasins d’applications et les navigateurs". 

De nouvelles règles sur la concurrence

Cette procédure avait été lancée dans le cadre d’un nouveau régime de concurrence dans le numérique, entré en vigueur en janvier 2025, et qui pourrait déboucher sur la désignation des deux groupes comme "sociétés stratégiques sur le marché". 

Dans le domaine spécifique des navigateurs mobiles, le monopole de Google et d’Apple empêche, selon le CMA, le développement de "Progressive Web Apps" (des applications qui via le navigateur et capables de concurrencer les apps natives téléchargés sur l’App Store). "Les politiques d’Apple déterminent comment les navigateurs mobiles fonctionnent sur ses appareils, limitant leur capacité à innover", précise le rapport.

Réagissant à celui-ci, Apple a fait savoir qu’elle croyait à des "marchés prospères et dynamiques où l'innovation peut s'épanouir" et que son objectif était toujours la confiance de ses utilisateurs. "Nous continuerons à collaborer de manière constructive avec la CMA afin de répondre au mieux à ses préoccupations", a indiqué un porte-parole de la société.

De son coté, Google a déclaré que l'ouverture d'Android avait contribué à "élargir le choix, à réduire les prix et à démocratiser l'accès aux smartphones et aux applications". "Nous restons engagés en faveur de plateformes ouvertes qui aident les développeurs à créer des entreprises prospères et nous travaillerons de manière constructive avec la CMA pour fournir un régime réglementaire favorable à l'innovation, fondé sur des preuves et prévisible, qui permet la croissance du Royaume-Uni", a réagi la firme. 

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