Mistral AI choisit Eclairion pour héberger son premier data center en France

Le champion français de l'IA générative a fait le choix d'Eclairion dans l'Essonne pour implanter son premier cluster de calcul. Un choix souverain, mais qui valide surtout l'approche novatrice d'Éclairion autour de la modularité des installations.

Guillaume Lample, Arthur Mensch et Timothée Lacroix, cofondateurs de Mistral AI
Les trois fondateurs de Mistral AI, avec Arthur Mensch au centre.

Mise à jour le 11 février : On sait désormais qui hébergera le data center de Mistral AI. Il s'agit d'Éclairion, jeune acteur 100% français et souverain qui se spécialise dans la conception de data centers modulaires à ultra haute densité. Mistral utilisera les ressources du site de Bruyères-le-Châtel (Essonne), dont la capacité énergétique actuelle est de 40 mégawatts. "Cela va beaucoup s'agrandir, souligne un porte-parole d'Eclairion. La capacité du cluster va doubler au moins deux fois dans les mois qui viennent." Sans préciser toutefois combien de milliers de GPU seront déployés.

Cet hébergement est le fruit d'un contrat pluriannuel entre Mistral AI, Eclairion et le britannique Fluidstack, qui joue le rôle d'intégrateur. Côté hardware, les partenaires sont Nvidia (sans surprise) et Dell. Eclairion nous indique par ailleurs l'ouverture prochaine d'un second établissement dans la Sarthe, sur le site d'une ancienne papeterie Arjowiggins. Il disposera lui aussi de plusieurs dizaines de mégawatts de capacité énergétique.

Article d'origine : Mistral AI disposera bientôt de son propre data center. Celui-ci sera situé dans l'Essonne, département qui héberge déjà entre autres le Très Grand Centre de Calcul (TGCC) du CEA. Arthur Mensch, fondateur et PDG de la start-up, en a fait l'annonce au JT de 20 heures de TF1 ce 9 février. Il n'a cependant pas encore dévoilé de détails sur la capacité du centre de données, sa localisation exacte où les partenaires qui travailleront à sa construction.

Arthur Mensch précise à l'antenne que Mistral l'utilisera pour entraîner ses modèles, mais aussi qu'il a choisi la France "pour son efficacité énergétique et la qualité de son mix énergétique en matière d'émissions carbone". Avant de poursuivre : "On l'a choisi aussi pour la qualité de ses techniciens et la qualité de ses déploiements en centre de données. Pour nous, c'est un choix qu'on fait de maîtriser l'ensemble de la chaîne de valeur, c'est-à-dire de la machine jusqu'au logiciel, parce que ça nous permet d'avoir l'efficacité dont on a besoin pour créer les meilleurs modèles et les créer de la manière la plus efficace possible."

L'ambition d'être un leader mondial

Champion français – et européen – de l'intelligence artificielle générative, Mistral AI a rapidement su s'imposer comme un concurrent de taille face aux ténors américains comme OpenAI, Google, Meta ou Anthropic. "On a l'ambition d'être un leader mondial, on l'a démontré sur le plan technologique, maintenant on avance sur l'aspect produit pour le démontrer aussi", déclare Arthur Mensch. "On a déplacé largement les champions américains qui prétendaient que ça coûtait extrêmement cher de faire ces technologies", assène encore le jeune PDG.

L'une de ses forces est aussi le parti pris de l'open source, qu'il partage avec Meta et qui a secoué l'écosystème outre-Atlantique ces dernières semaines avec les modèles du chinois DeepSeek. "Notre créneau pour nous différencier auprès des entreprises c'est l'ouverture, c'est la capacité à se déployer n'importe où, sur n'importe quel type d'infrastructure, et c'est la capacité à gérer de la donnée d'une manière plus souveraine, avec une meilleure gouvernance et plus de confidentialité," avance Arthur Mensch. Tout en précisant au passage que ses modèles sont aussi "les plus efficaces du marché".

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