Amazon et la Maison-Blanche se déchirent et se réconcilient sur la hausse des tarifs douaniers

Le fleuron américain de l'e-commerce a été contraint de démentir une information selon laquelle il s'apprêtait à afficher sur son site les coûts représentés par la hausse récente des tarifs douaniers initiée par Donald Trump.

Liberation Day Donald Trump
Liberation Day Donald Trump

Il n'aura suffi que de quelques heures pour que les relations entre la Maison Blanche et Amazon se tendent. Jeff Bezos a eu beau se rapprocher de Donald Trump en ce début de second mandat du président des Etats-Unis, c'est bien son entreprise qu'a ciblée l'administration américaine lors d'une conférence de presse, mardi 29 avril.

Le matin-même, un article du site d'information Punchbowl News rapportait que le géant de l'e-commerce Amazon envisageait d'afficher prochainement le coût des droits de douane, en forte hausse depuis le début de la guerre commerciale lancée par Donald Trump, à côté du prix de chaque produit vendu sur son site.

Donald Trump appelle Jeff Bezos

De quoi irriter fortement la Maison Blanche, dont la porte-parole s'est empressée de réagir lors d'une conférence de presse. "Il s'agit d'un acte hostile et politique de la part d'Amazon", a déclaré Karoline Leavitt. Et d'interroger : "Pourquoi Amazon n'a-t-il pas agi de la sorte lorsque l'administration Biden a porté l'inflation à son niveau le plus élevé en 40 ans ?

Et même de quoi faire décrocher à Donald Trump en personne son téléphone. D'après une source proche du dossier citée par NBC News, le président des Etats-Unis a lui-même appelé Jeff Bezos mardi matin afin de lui exprimer son mécontentement.

Un projet n'ayant "jamais été approuvé"

Côté Amazon, les réactions post-conférence de presse échauffée et post-coup de fil présidentiel ne se sont pas fait attendre. Dans un communiqué de presse, la firme a fait savoir que l'idée d'afficher le coût des droits de douane de Donald Trump avait bien été mise sur la table, mais pour Haul, sa plateforme discount à la Temu lancée en novembre 2024, et non pour le site principal d'Amazon. Et le porte parole de l'entreprise, Tim Doyle, d'expliquer par la même occasion que ce projet "n'a jamais été approuvé et ne se réalisera pas".

Plutôt que d'incriminer les nouveaux tarifs douaniers de l'administration américaine, Amazon préfère finalement faire pression sur ses fournisseurs afin que ces derniers réduisent leurs prix, selon le Financial Times. Objectif : protéger ses propres marges et limiter le choc de leurs clients quant aux coûts en forte hausse sur la plateforme d'e-commerce.

"Il a résolu le problème très rapidement"

Entre Amazon et le clan Trump, tout est donc bien qui finit bien. Après la parution du communiqué de presse de l'entreprise, le président des Etats-Unis n'a pas manqué de vanter aurpès de journalistes le "type bien" que serait Jeff Bezos : "Il a été très gentil, il a été formidable [...], il a résolu le problème très rapidement."

En un clin d'oeil et en un rétropédalage, oubliées les dernières heures de discorde et les accusations publiques proférées depuis Washington. Un exemple qui illustre bien la tension qui anime les rapports entre l'administration américaine et ses entreprises, ainsi que la rapidité avec laquelle cette même tension disparaît lorsque les patrons font marche arrière en urgence ou acceptent de courber l'échine.

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