130 000 bitcoins saisis : coup de filet record contre un réseau d'arnaques financières au Cambodge

Avec l'aide du Royaume-Uni, les Etats-Unis ont mis au jour et sanctionné un vaste réseau criminel opérant principalement en Asie du Sud-Est et escroquant des milliards de dollars à des internautes contactés via les réseaux sociaux.

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C'est un montant historique. Près de 130 000 bitcoins, d'une valeur d'environ 12,9 milliards d'euros au moment de l'annonce mardi 14 octobre, ont été saisis par le ministère de la justice (DOJ) des Etats-Unis, dans le cadre d'une opération coordonnée avec les autorités britanniques contre un gigantesque réseau d'arnaques financières visant notamment des Américains et opérant depuis le Cambodge.

Le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (Ofac) du département américain du Trésor a annoncé avoir pris des sanctions financières à l'encontre de 146 "cibles" liées à ce qu'il soupçonne être une organisation criminelle transnationale du nom de Prince Holding Group, ont rapporté les médias Wired et Bloomberg. Il s'agit de la plus importante saisie financière jamais réalisée par les Etats-Unis. 

Des milliards de dollars de pertes

Le patron de cette entreprise, Chen Zhi, est toujours en fuite. Mais les enquêteurs disposent de nombreuses informations concernant le réseau d'arnaques à l'investissement qu'il dirigeait. D'abord, sur son ampleur. "Les escroqueries financières du Prince Group ont causé des milliards de dollars de pertes et une souffrance indicible à des victimes dans le monde entier", a commenté le DOJ.

Sur la seule année 2024, les escroqueries provenant d'Asie du Sud-Est ont entraîné au moins 10 milliards de dollars (soit environ 8,6 milliards d'euros) de pertes. Mais le Prince Holding Group n'opérait pas seulement depuis le Cambodge. D'après l'acte d'accusation, il était actif dans une trentaine de pays, à travers des filiales et des réseaux locaux, l'un d'entre eux était même basé à New York.

Des réseaux violents et inhumains

Mais les révélations de la justice américaine, aidée des autorités britanniques, donnent aussi surtout à voir le fonctionnement de ces réseaux d'anarques. Comme le raconte Wired, un document montre que deux centres de cyberfraude étaient équipés à eux seuls de 1 250 téléphones portables qui contrôlaient 76 000 comptes sur les réseaux sociaux, via lesquels étaient menées les escroqueries.

Très nombreux en Asie du Sud-Est, ces centres sont connus pour les traitements inhumains réservés aux personnes retenues contre leur gré, souvent étrangères et privées de leurs passeports à leur arrivée, qui y travaillent. D'après l'acte d'accusation, Chen Zhi possédait justement des images des "méthodes violentes" de son entreprise.

Un manoir et des bureaux à Londres

En plus de la saisie américaine record, le Royaume-Uni a infligé des sanctions financières contre le Prince Holding Group, son patron et des entités liées au réseau. Les autorités britanniques visent notamment des propriétés londoniennes qui seraient liées à Chen Zhi, dont un manoir d'une valeur d'environ 13,7 millions d'euros et un immeuble de bureaux évalué à 114 millions d'euros.

"Les cerveaux derrière ces horribles centres d'escroquerie ruinent la vie de personnes vulnérables et achètent des maisons à Londres pour y stocker leur argent", a déploré la ministre britannique des affaires étrangères, Yvette Cooper, dans un communiqué. Pour les enquêteurs, reste désormais à savoir où Chen Zhi, toujours libre à l'heure actuelle, se cache.

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