La lutte contre les escroqueries financières sur Internet est en passe de devenir l’une des nouvelles priorités de l’Union européenne (UE), au nom du Digital Services Act (DSA). C’est ce qu’a affirmé Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne, chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie, dans un entretien accordé au quotidien britannique The Financial Times, publié mercredi 24 septembre. Elle y affirme que le coût annuel pour les citoyens européens de ces arnaques dépasse les 4 milliards d’euros.
"De plus en plus d’actions criminelles ont lieu en ligne"
Selon elle, il s’agit donc désormais de demander des comptes aux grandes entreprises de la tech, alors que ces escroqueries se propagent via leurs services et qu’elles deviennent, avec l’essor de l’intelligence artificielle (IA) générative, de plus en plus difficiles à détecter du point de vue du régulateur. En ce sens, Henna Virkkunen affirme avoir que la Commission a adressé, le 23 septembre, des demandes d’information formelles à Apple, Google, Microsoft et Booking.
Ces requêtes, prévues par le DSA qui encadre la régulation des services numériques, sont les premières étapes d’un processus qui peut s’allonger et se muer en enquête formelle menant à des amendes, selon les réponses fournies par les entreprises. "Nous voyons que de plus en plus d’actions criminelles ont lieu en ligne, a-t-elle justifié. Nous devons nous assurer que les plateformes en ligne déploient réellement tous leurs efforts pour détecter et prévenir ce type de contenu illégal."
Des demandes détaillées sur la lutte contre les arnaques
Henna Virkkunen a précisé pour chacune de ces quatre entreprises ce sur quoi portaient les demandes d’information de l’UE. Apple et Google devront expliquer comment ils traitent de la problématique des fausses applications, en particulier les fausses applications bancaires, sur leurs magasins respectifs, l’App Store et le Play Store. Google devra aussi répondre, au même titre que Microsoft avec Bing, concernant la propension de son moteur de recherche à indexer de telles escroqueries.
Quant à Booking, la seule entreprise européenne citée dans cette nouvelle approche anti-arnaques, elle devra détailler son approche en ce qui concerne les annonces de logements frauduleuses. D’après le DSA, s’il est constaté in fine que ces sociétés ne parviennent pas à limiter les contenus illégaux sur leurs services, elles s’exposent à des amendes allant jusqu’à 6% de leurs chiffres d’affaires annuels.


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