Après l'interdiction de X au Brésil, Elon Musk se plie finalement aux exigences de la justice

Au nom de la “liberté d’expression”, le milliardaire américain s’était opposé aux demandes de la Cour suprême brésilienne, qui avait alors bloqué X (ex-Twitter) dans le pays fin août. La plateforme a désormais décidé de nommer un représentant légal dans le pays, de supprimer certains comptes et payer plusieurs amendes. Rien n’est joué pour autant, la firme ayant jusqu’à jeudi pour déposer des documents supplémentaires.

Elon Musk AG Tesla 13 juin 2024
Elon Musk AG Tesla 13 juin 2024

Après des semaines de bras de fer, Elon Musk va finalement se conformer aux réquisitions de la Cour suprême brésilienne. L’institution avait décidé de bloquer X (ex-Twitter) dans tout le pays le 31 août, la plateforme n’ayant pas fermé certains comptes jugés comme “dangereux pour la démocratie” et contestant les résultats de la dernière élection présidentielle. Elle avait en outre refusé de nommer un représentant légal dans le pays et de payer des amendes pour non-respect de la législation.

22 millions d’utilisateurs actifs

Un réel manque à gagner pour la société d’Elon Musk, qui comptait jusqu’à son interdiction 22 millions d’utilisateurs actifs au Brésil. D’après le New York Times, Elon Musk a cédé à l’une des principales demandes formulées par la Cour suprême, à savoir la nomination d’un représentant légal. La plateforme devrait aussi supprimer les comptes jugés dangereux et appartenant à des personnalités d’extrême-droite, et payer les amendes dues.

La levée de l’interdiction n’est pour autant pas immédiate. Le juge brésilien Alexandre de Moraes a donné cinq jours à X (ex-Twitter) pour prouver la nomination de la nouvelle représentante, Rachel de Oliveira Conceiao. Il estime que les conditions ne sont “pas dûment remplies”. La plateforme reste pour l’heure inaccessible aux utilisateurs brésiliens.

La plateforme réapparaît subitement au Brésil, pendant quelques heures

X (ex-Twitter) avait décidé de licencier son personnel au Brésil il y a plus d’un mois, mettant fin à l’obligation légale d’avoir un représentant dans le pays. La justice brésilienne avait alors réagi en bloquant le service et en rendant illégal et passible d’amende tout accès via un VPN. Pour mettre la pression sur Elon Musk, la justice brésilienne avait aussi gelé les comptes bancaires de son FAI par satellite, Starlink

L’affaire a connu un autre rebondissement la semaine dernière, lorsque la plateforme est devenue brièvement accessible sur mobile après une opération technique. Le réseau social avait alors affirmé qu’il s’agissait d’un rétablissement “involontaire”, résultant d’un changement de fournisseur réseau. De son côté, Alexandre de Moraes avait fustigé un comportement “récalcitrant, de façon illicite, persistante avec l’intention de ne pas respecter les ordres judiciaires”. Il avait alors infligé à la plateforme une amende de 5 millions de réais (810 000 euros), un montant qui s’ajoute aux 18,3 millions de réais (2,9 millions d’euros) impayés.

Une interdiction qui profite à Bluesky et Threads

En attendant, l’interdiction de X (ex-Twitter) au Brésil profite à ses concurrents. C’est le cas du réseau social Bluesky, fondé en 2019 par l’ancien CEO de Twitter Jack Dorsey. Le 7 septembre, la plateforme annonçait avoir gagné plus de 3 millions d’utilisateurs en un peu plus d’une semaine. Bluesky s’était alors hissée à la deuxième place des applications gratuites les plus populaires sur l’App Store au Brésil, derrière Threads de Meta.

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