Dans la guerre de l'électronique qui oppose les Etats-Unis et la Chine, l'Europe dispose d'une pièce maîtresse : l'entreprise hollandaise ASML, qui produit les équipements industriels de pointe utilisés pour fabriquer les puces. Du moins en théorie. Dans les faits, ASML comme ses rivaux japonais sont assujettis aux desiderata du gouvernement américain.
Ce dernier aurait demandé à l'entreprise d'annuler certains envois de machines prévus avant la date butoir du 1er janvier (entrée en vigueur d'une interdiction d'exportation), et d'après Bloomberg, elle se serait exécutée. Il s'agit d'équipements DUV (deep ultraviolet lithography), une technologie moins avancée que la lithographie par rayonnement ultraviolet extrême (EUV) utilisée pour produire les processeurs les plus avancés du marché (des GPU de Nvidia aux Systems-on-a-Chip qu'on trouve dans les smartphones).
Le rebond de Huawei vu d'un mauvais œil
Cette requête serait liée à la dernière puce 5G produite par HiSilicon, filiale de Huawei, qui équipe le nouveau smartphone de l'entreprise. Baptisée Kirin 9000S, elle est gravée en 7 nm et fabriquée par le chinois SMIC avec des équipements DUV fournis par ASML. La vente de ces équipements à des clients chinois avait été autorisée jusque fin 2023 par les Pays-Bas (les machines EUV n'y ont en revanche jamais été autorisées à l'export).
Toujours d'après Bloomberg, l'administration de Joe Biden aurait contacté le gouvernement des Pays-Bas pour lui demander d'intervenir, mais ce serait vu dire de gérer l'affaire avec ASML directement. Cet effort pour bloquer l'envoi de quelques dernières machines avant la deadline préétablie souligne l'importance pour les Etats-Unis de conserver leur suprémacie en matière de fabrication de semi-conducteurs. Elle nous rappelle également qui mène la danse en Occident.


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