Atos sauvé par un accord de principe avec des banques et créanciers

Le groupe informatique français, en difficultés financières ces dernières années, est parvenu à un accord de restructuration avec un groupe de banques et de détenteurs d’obligations. Cet accord, qui intervient quelques jours après l’abandon des négociations avec le consortium Onepoint, doit permettre une réduction de dette de 3,1 milliards d’euros.

Siège d'Atos à Bezons (95)
Le siège social d'Atos, à Bezons (Val-d'Oise). Le groupe informatique français emploie 94 000 salariés et réalise un chiffre d'affaires annuel de 11 milliards d'euros.

L’ancien fleuron tricolore Atos a annoncé le 30 juin dans un communiqué avoir conclu un accord avec ses créanciers obligataires et un groupement de banques, dans le but de trouver une issue à sa restructuration financière. L’accord a été trouvé dans la nuit de samedi à dimanche, sans la Deutsche Bank, qui a finalement donné son feu vert hier dans la journée. Les créanciers obligataires sont menés par DE Shaw, Boussard & Gavaudan, Tresidor, Syquant, SPG, Fidera, Blackrock et AG2R.

Une conversion de 2,9 milliards d’euros de dette en capital

Cet accord prévoit l’ouverture d’une procédure accélérée ce mois-ci, avec “un objectif de réalisation effective de toutes les opérations de restructuration d’ici la fin de l’année 2024”, précise le groupe informatique. Dans le détail, l’accord de principe consiste en une augmentation de capital de 233 millions d’euros, garantie à 175 millions d’euros par les créanciers. Entre 1,5 et 1,675 milliard d’euros d’argent frais (new money debt) vont être réinjectés, répartis à part égale entre les créanciers bancaires et porteurs d’obligations.

Les créanciers vont convertir 2,9 milliards d’euros de dette en capital (2,8 milliards d’euros, augmenté des intérêts non payés). La dette devrait être réduite de 3,1 milliards d’euros – sur les 4,8 milliards d’euros, permettant au groupe d’obtenir une notation de crédit “BB” et “supposant un levier financier d’environ x2 d’ici à la fin de l’année 2026”.

Les banques et créanciers seront actionnaires majoritaires

Le nouvel accord a été conclu moins d’une semaine après l’annonce de la fin des négociations entre le groupe et le consortium Onepoint, jusqu’alors sélectionné pour la reprise. David Layani, fondateur d’Onepoint et premier actionnaire d’Atos, aurait été abandonné par ses principaux soutiens financiers, le fonds Butler Industries et le groupe Econocom. Il vient de quitter le conseil d’administration avec effet immédiat et a annoncé vouloir se retirer du capital. À noter que désormais, les banques et détenteurs d’obligations détiendront jusqu’à 99,99% du capital. L’augmentation de capital reste ouverte aux actionnaires actuels qui voudraient éviter une dilution, et qui pourraient s’assurer jusqu’à 25,9% du capital.

Le groupe a également précisé que l’accord prévoyait la préservation de l’ensemble de son périmètre. Une mesure qui s’appliquera sous réserve de la “finalisation des discussions” avec d’une part l’État, qui a proposé 700 millions d’euros pour racheter ses activités sensibles et stratégiques, et d’autre part avec Alten, sur le point de reprendre Worldgrid, sa filiale de système de contrôle nucléaire.

Atos souhaite mettre en œuvre la procédure accélérée dans la semaine du 22 juillet, quelques jours avant la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. Le groupe informatique aux 94 000 salariés est l’un des principaux partenaires technologiques du Comité international olympique : il devra assurer, entre autres, la cybersécurité des Jeux, la gestion des 300 000 accrédités et la diffusion instantanée des résultats.

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