Atos : trois candidats en lice pour la reprise, une offre déposée par les créanciers

Le groupe informatique français Atos a reçu quatre propositions financières pour trouver une issue à sa restructuration financière. Celle déposée par le fonds américain Bain Capital est déjà écartée, tandis que l'offre reçue par un groupe de créanciers et de banques reste sur la table. Atos se donne jusqu’à la fin du mois pour choisir une offre.

ATOS
Trois candidats restent en lice pour la reprise d'Atos, après que le fonds d'investissement Bain Capital, jugé trop restrictif, ait été écarté.

L’ex-fleuron tricolore de l’informatique Atos, en difficulté financière ces dernières années, a annoncé ce matin dans un communiqué avoir reçu quatre propositions, et en avoir maintenu trois en lice, pour trouver une solution de restructuration. Le groupe devrait en choisir une pour le 31 mai, et parvenir à un accord d’ici à juillet.

La proposition restrictive de Bain Capital écartée

L’offre de reprise déposée par Bain Capital, fonds d’investissement américain, a été écartée par le conseil d’administration et la conciliatrice d’Atos. Pour le groupe informatique, l’offre “ne répondait pas aux objectifs déclarés de la société de prendre en compte l’ensemble de son périmètre”. La proposition se limitait à la division digitale d’Eviden, filiale du groupe, la rendant incompatible au regard des négociations en cours avec l’État. Ce dernier souhaite en effet acquérir l’intégralité des activités d’Advanced Computing, de Mission-Critical Systems et de Cybersecurity Products, de la division Big Data & Cybersécurité (BDS) d’Atos.

Trois propositions restent en lice, Atos précisant que la solution retenue “impliquera probablement des changements radicaux dans la structure de capital de la société et une émission significative de nouveaux titres de capital, qui entraînera une dilution massive des actionnaires existants”. L’un des projets, révélé vendredi par La Tribune, implique les créanciers obligataires et les banques, qui se partagent la dette de 5 milliards d’euros d’Atos. Cette offre, appelée “projet Alpha”, comprend un financement de l’entreprise à hauteur de 1,2 milliard d’euros, avec 600 millions d’euros de nouvelles obligations et 600 millions d’euros de nouveaux prêts bancaires. Les créanciers seraient prêts à convertir une partie de la dette en capital.

Vers un duel Kretinsky-Layani ?

La deuxième offre est portée par l’homme d’affaires et milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, à travers son fonds EP Equity Investment associé au hedge fund britannique Attestor Limited, un duo déjà formé sur la reprise de Casino. Elle propose une augmentation de capital de 600 millions d’euros, avec 1,3 milliard d’euros de facilités et une restructuration de la dette existante d’Atos.

Enfin, le troisième projet est mené par la société française Onepoint et son fondateur David Layani, également détenteur de plus de 11% du capital d’Atos et membre du conseil d’administration. Onepoint est soutenue par le fonds de l’homme d’affaires Walter Butler, Butler Industries. Cette offre vise à investir 350 millions d’euros en numéraire, en échange d’au moins 35% des actions, et 1,8 milliard d’euros en argent frais, dont 1,3 milliard d’euros en nouvelles facilités et 500 millions en levées de fonds.

Atos a également annoncé la signature d’un contrat relatif aux facilités de crédit renouvelable et de prêt à terme, de l’ordre de 100 millions d’euros. Selon le groupe, les discussions avec les banques sur la mise en place d’un programme d’affacturage de 300 millions d’euros “progressent”. La semaine dernière, Atos avait déclaré qu’il lui faudrait 1,1 milliard d’euros de liquidités pour soutenir ses activités en 2024-2025, contre 600 millions d’euros initialement annoncés.

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