L'objet ressemble à un buzzer de jeu télévisé. Suffisamment imposant pour que l'on ait envie de le presser compulsivement (un bouton, par définition, est fait pour être actionné, surtout lorsqu'il est gros et qu'il clignote !).
Click to command
Ce "buzzer" blanc ne déclenche pas d'action magique, comme dans les cartoons ou les jeux télévisés. Il n'a qu'une seule et unique fonction : commander un taxi depuis le lieu où il est posé (restaurant, hôtel, salle de spectacle...). Il est déployé depuis février dans une centaine de lieux de la Capitale par la société Les Taxis Bleus, centrale de réservation qui fédère 3 000 chauffeurs indépendants en région parisienne.
L'initiative ne répond pas qu'à un enjeu de communication ou de visibilité : il satisfait un véritable besoin, assure Yann Ricordel, directeur général de la société… même à l'ère des smartphones. "10% des commandes sont passées aujourd'hui depuis notre application mobile. La croissance de ce mode de commande a tendance à stagner, explique-t-il. Avec les smartphones, on touche un profil de client très particulier, déjà fidélisé, qui commande très régulièrement. Avec le bouton c'est différent".
cacher la complexité
La promesse ? Offrir "l'interface de commande de taxis la plus simple du monde", résume Yann Ricordel, pour toucher un public allergique à la technologie. "80% des clients veulent un taxi tout de suite. On a voulu traiter ces achats d'impulsion avec le mode de distribution le plus simple possible", explique le DG des Taxis Bleus. L'enjeu a été de "cacher la complexité" pour proposer une expérience fluide, sans bug.
L'entreprise a adopté le bouton du finlandais Bttn, facilement paramétrable grâce à une API (interface de programmation). Pour le client, il suffit d'appuyer sur le bouton pour commander un taxi ; au bout de quelques minutes, les diodes s'allument en vert (si un chauffeur est disponible) ou en rouge pour confirmer (ou pas) la course.
"Ce qui nous a le plus préoccupé, dans ce processus de désintermédiation, c'est de maintenir le lien de confiance entre le client et le chauffeur" explique Yann Ricordel. En clair, bâtir les solutions techniques pour que les demandes de courses soient traitées rapidement d'un côté ; et que les chauffeurs ne soient pas submergés de "faux appels" de l'autre. "C'est finalement le cœur de notre métier : l'ingénierie de la mise en relation."
démarrage prometteur
Et le contactcommence à passer. La centrale enregistre une bonne centaine de commandes chaque jour par ce nouveau canal. "Le bouton connaît une croissance plus rapide que celle de l'application mobile à son démarrage fin 2010, constate Yann Ricordel. C'est un moteur de partenariats, puisque des lieux de passage peuvent nous contacter pour y installer des boutons. Nous avons par exemple été appelés par de grands réseaux de cinémas". A chaque nouvelle installation d'un bouton, les équipes commerciales des Taxis Bleus se déplacent pour expliquer la technologie et le service. Un prétexte idéal pour tisser des liens et faire connaître la marque.
Les Taxis Bleus compte bien poursuivre l'équipement de lieux de la Capitale avec leur buzzer blanc et bleu, tout en gardant de l'œil les objets et terminaux connectés "classiques". "Le potentiel de croissance est important", veut croire Yann Ricordel, pour qui tous les modes d'innovation sont bons à prendre dans un contexte de concurrence redoutable avec les VTC (véhicules avec chauffeurs).
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