Conduite autonome : Hyundai va construire une "usine d'IA" équipée de 50 000 GPU Nvidia Blackwell

Le constructeur renforce son partenariat avec Nvidia en créant une “usine d'IA” dédiée à l'entraînement de modèles dans la conduite autonome, la robotique et l'industrie du futur. Les deux entreprises travailleront également à la création d'un pôle national d'IA physique initié par le gouvernement sud-coréen, qui devrait comprendre un investissement de 3 milliards de dollars.

Hyundai logo
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À l'occasion du sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (Apec), qui se tient cette semaine à Gyeongju en Corée du Sud, Hyundai Motor Group et Nvidia ont annoncé une extension de leur partenariat conclu en janvier dans la mobilité autonome. L'objectif : permettre au premier d'accélérer le développement de modèles d'intelligence artificielle dans le domaine en s'appuyant sur les GPU du second.

Hyundai utilisera les plateformes Omniverse, Cosmos et Nemo de Nvidia

“Le groupe Hyundai Motor construit une usine d'IA avec Nvidia pour accélérer l'entraînement, la validation et le déploiement de modèles pour l'IA embarquée, la conduite autonome, les usines intelligentes et la robotique”, écrit le groupe automobile dans un communiqué. Pour ce faire, Nvidia prévoit de fournir 50 000 GPU basés sur sa dernière architecture Blackwell, présentée l'année dernière.

Concernant les systèmes intelligents en usine, Nvidia mettra à disposition d'Hyundai Omniverse Enterprise, sa plateforme de création de jumeaux numériques. Ceci permettra au constructeur d'obtenir “un contrôle précis, une validation logicielle et matérielle en boucle, une simulation d'événements discrets et une mise en service virtuelle”, détaille le géant des semi-conducteurs. Dans la conduite autonome spécifiquement, Hyundai teste l'utilisation d'Omniverse et Cosmos (plateforme basée sur des “world foundation models”) sur des serveurs RTX PRO afin de réaliser des simulations d'environnements et de conditions de conduite.

Une initiative à 3 milliards de dollars pour créer un pôle national d'IA physique

Le partenariat comprend également le développement par Hyundai de modèles d'IA basés sur la plateforme Nemo et le modèle de raisonnement Nemotron de Nvidia, notamment pour les mises à jour de véhicules “over-the-air” (OTA). Nvidia note enfin l'intégration de systèmes AGX Drive Thor dans les futurs véhicules Hyundai.

“Afin de soutenir l'initiative du gouvernement coréen visant à créer un pôle national d'IA physique, Hyundai Motor Group et Nvidia collaboreront étroitement avec les acteurs gouvernementaux pour accélérer le développement de cet écosystème”, ajoutent les deux entreprises. Ce projet, qui sera doté d'une enveloppe de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d'euros), doit déboucher du côté de Nvidia sur la création d'un “centre technologique d'IA”, du côté d'Hyundai sur un “centre d'applications d'IA physique” et sur la mise en place de data centers régionaux.

Ioniq 5, le modèle d'Hyundai utilisé par les sociétés de conduite autonome

Dans la conduite autonome, Hyundai détient depuis l'année dernière une participation majoritaire (56%) dans Motional, sa joint-venture créée avec l'équipementier automobile Aptiv en 2019. La société a testé ses véhicules dans plusieurs villes américaines et à Singapour, mais peine à passer à l'échelle commerciale.

En revanche, Hyundai a une carte à jouer avec son modèle Ioniq 5, sur lequel peuvent s'intégrer les solutions d'autres sociétés de conduite autonome. C'est le cas de la filiale de Nebius Avride, qui espère lancer un service commercial de taxis sans conducteur avec Uber à Dallas avant la fin d'année. Au Luxembourg, le sino-américain Pony.ai teste également des trajets autonomes avec des véhicules Hyundai. Sur les systèmes robotiques, Hyundai détient 80% de l'entreprise américaine Boston Dynamics, connue pour son humanoïde Atlas (désormais électrique) et son robot quadrupède Spot.

En dehors d'Hyundai, Nvidia a profité du sommet pour annoncer plusieurs projets avec le gouvernement sud-coréen, mais aussi avec Samsung, SK Group et la branche cloud de Naver. Au total, le géant des semi-conducteurs prévoit de fournir 260 000 GPU pour renforcer l'infrastructure d'IA et les capacités d'IA physiques du pays sud-asiatique. Parmi les initiatives notables, la création par Samsung d'une “méga-usine d'IA” également dotée de 50 000 GPU. Le même nombre de GPU sera destiné au secteur public, afin de développer des modèles de fondation et un “data center national pour l'IA”.

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