La Société française de radiologie (SFR) annonce le 2 avril 2020 la création d'une base de données de scanners thoraciques. Ces images médicales sont une source très importante d'informations pour la lutte contre Covid-19, car dans certains cas le virus SARS-CoV-2 s'attaque aux poumons des personnes infectées.
Elle indique avoir comptabilisé "6235 scanners sur 16762 (37%) scanners thoraciques pour l’exploration d’une atteinte possible par le coronavirus en une semaine", en provenance de 315 centres français déjà inscrits au projet, ainsi que des centres belges, suisses, du Maghreb, d’Afrique et autres. "Cette action (…) a pour objectif de réunir rapidement plusieurs milliers de dossiers scanographies réalisés pour suspicion d’atteinte pulmonaire liée au SARS-CoV-2", est-il aussi écrit dans le communiqué. La base de données sera ouverte jusqu'en août 2020.
NEHS Digital hébergera les données
Cette base de données doit servir "aux chercheurs institutionnels et privés" pour "mettre en œuvre des algorithmes de diagnostic et pronostic" afin de faciliter la prise en charge des malades. Le projet est également piloté par le Collège des enseignants en radiologie de France (CERF) et l'association DRIM France IA, qui est responsable du développement de l'IA en radiologie. L'aspect technique va être géré par la Société française éditrice de logiciels médicaux NEHS Digital. En tant qu'hébergeur de données de santé, elle sera en charge de stocker les clichés et mettra à disposition son portail.
Chaque projet de recherche sera examiné par le comité scientifique de DRIM France IA en lien avec le comité d'éthique de la société française de radiologie. Un avis favorable et un accord du responsable de traitement et du sous-traitant technique intervenant dans le cadre de ce projet seront indispensables à l’exploitation de la base de données. Le recueil des scanners pourra également se faire par le réseau de serveurs Nexus déjà mis en place dans une grande partie des établissements de santé français.
Consentement obligatoire des patients
Conformément au Règlement général sur la protection des données (RGPD), les patients devront consentir au recueil et à la réutilisation de leurs scanners. La Société française de radiologie met d'ailleurs à disposition une "lettre d'information et de non-opposition" dans laquelle il est expliqué que "les clichés radiologiques collectés seront pseudonymisés" et "conservés dans une durée limite de deux ans après la dernière publication scientifique".
La Chine a été le premier pays à développer des algorithmes pour détecter les signes du SARS-CoV-2 dans les scanners thoraciques. Début mars 2020, une équipe de médecins de l'hôpital de Zhongnan, à Wuhan, en Chine, a conçu un logiciel pour détecter les signes cliniques d'une pneumonie, pathologie parfois associée à la maladie. Le réseau de neurones a été entraîné sur plus de 2000 clichés d'imagerie médicale des premiers patients infectés.


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