Cydia, une alternative à l'App Store, attaque Apple en justice pour sa position monopolistique

Dans sa plainte déposée devant un tribunal californien, le créateur de Cydia, Jay Freeman, accuse Apple d'abuser de sa position en empêchant la naissance de magasins d'applications alternatifs. Cette situation réduirait le choix des développeurs et des consommateurs. Il réclame le versement de dommages et intérêts à la firme de Cupertino.

iPhone
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L'entreprise californienne Cydia, éditrice d'un logiciel éponyme qui permet d'installer des applications sans passer par l'App Store officiel d'Apple, vient de déposer une plainte auprès du tribunal fédéral du nord de la Californie contre Apple, l'accusant de pratiques anticoncurrentielles.

Etouffer la concurrence

Le créateur de cette alternative à l'App Store, un développeur nommé Jay Freeman (aussi connu sous le nom de Saurik), accuse le géant américain d'étouffer ses concurrents en obligeant les développeurs à ne proposer leurs applications que sur l'App Store. Il réclame des dommages et intérêts dont le montant est inconnu. 

"Ce procès vise à ouvrir les marchés de la distribution des applications iOS et du traitement des paiements des applications iOS à ceux qui souhaitent concurrencer équitablement Apple", est-il écrit dans le dépôt de plainte, rapporté par le Washington Post.

Jay Freeman a lancé Cydia en 2007, avant même qu'Apple ne crée l'App Store. Cydia est rapidement devenu un moyen pour les utilisateurs d'installer des applications, des mises à jour et des logiciels qui n'étaient pas approuvés par Apple. Ce logiciel a symbolisé durant les premières années de l'iPhone la lutte entre les partisans d'un écosystème ouvert et la volonté d'Apple de le verrouiller.

Un bridage pour les développeurs et les consommateurs

Ainsi, Jay Freeman allègue que les premiers iPhones étaient limités dans leurs fonctionnalités, qu'ils n'étaient livrés qu'avec "une poignée d'applications Apple" et qu'ils n'étaient pas en mesure d'installer des applications tierces. Il conclut qu'au fil des années, après avoir sorti son propre magasin d'applications, la firme de Cupertino a découragé les développeurs d'utiliser d'autres magasins d'applications autres que le sien.

D'après le requérant, Apple aurait donc un monopole illégal sur la distribution des applications. "Si Apple n'avait pas acquis et maintenu ce monopole (…), les utilisateurs pourraient aujourd'hui choisir comment et où obtenir des applications iOS et les développeurs pourraient utiliser le distributeur de leur choix", a rétorqué Jay Freeman devant les juges.

Android existe, se défend Apple

Sollicité par le Washington Post, Fred Sainz, porte-parole d'Apple, a répondu sans grande surprise qu'Apple n'était pas en position monopolistique car il existait Android. Il a ajouté que la mainmise de l'entreprise sur les applications se justifiait par la volonté de protéger les utilisateurs de programmes non sécurisés voire malveillants.

La colère gronde également du côté des éditeurs d'applications. Fin septembre 2020, 13 éditeurs d'applications, rejoints par d'autres depuis, ont annoncé la création d'une organisation "Coalition for App Fairness" dont l'objectif est de se battre ensemble contre l'abus de position dominante d'Apple sur sa boutique d'applications. A la tête de cette alliance, se trouve Epic Games qui est en pleine bataille judiciaire contre le géant américain. 

Apple réduit sa commission à 15 %

Leur principale revendication est la "taxe" imposée par Apple par laquelle l'entreprise américaine prélève 30% aux développeurs d'application sur les revenus générés via les paiements depuis les smartphones (y compris les abonnements mensuels). Ce prélèvement est également dans le viseur de la Commission européenne qui a ouvert une enquête en juin dernier pour vérifier si les restrictions imposées aux développeurs ne provoquaient pas une position antitrust.

Pour tenter d'apaiser la situation, Apple a annoncé en novembre dernier un nouveau taux de 15 % pour les développeurs qui ont réalisé moins d'un million de dollars de chiffre d'affaires sur une année. La société californienne affirmait que la "grande majorité" des développeurs d'applications iOS devrait pouvoir accéder au programme. Mais elle refusait de préciser quel pourcentage de ses plus de 28 millions de développeurs d'applications enregistrés seront éligibles.

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