En supprimant les frais de sortie, Google Cloud met la pression sur ses concurrents

Le numéro trois mondial du cloud se plaint des pratiques anticoncurrentielles de certains concurrents, notamment Microsoft, sur lesquelles il souhaite attirer l'attention.

Google Cloud data center
Google Cloud data center

Sur le marché du cloud computing, les frais de sortie sont au cœur des critiques. Jeudi 11 janvier, Google Cloud est devenu le premier acteur majeur à les supprimer pour ses clients, leur permettant donc de migrer gratuitement vers des plateformes rivales.

Cette annonce intervient alors que plusieurs régulateurs se penchent sur des pratiques potentiellement anticoncurrentielles du secteur. Plusieurs plaintes ont aussi été déposées. Google a notamment saisi la Commission européenne et la Federal Trade Commission, le gendarme antitrust américain.

Risques de verrouillage

L'été dernier, l'Autorité de la concurrence française avait identifié les frais de sortie comme un des risques de verrouillage des clients. Elle avait notamment souligné que leur montant était “déconnecté des coûts directement supportés par les fournisseurs”.Un projet de loi est en cours pour les interdire.

Un avis partagé par l’Ofcom, le régulateur britannique des télécoms. Dans un rapport récent, celui-ci visait notamment Amazon Web Services et Microsoft Azure, les deux leaders du marché, les accusant de facturer des frais de sortie 5 à 10 fois supérieurs à d’autres acteurs. Depuis, la Competition & Markets Administration, l'autorité de la concurrence britannique, a ouvert une enquête préliminaire contre les deux géants américains.

Attirer l'attention sur le "problème fondamental"

La décision de Google peut paraître paradoxale : en supprimant les frais de sortie, il pourrait favoriser le départ de clients vers ses rivaux, qui maintiennent, eux, ces frais. Elle s’inscrit en réalité dans une stratégie de communication pour attirer l'attention sur “le problème fondamental qui empêche de nombreux clients de travailler avec le fournisseur de leur choix dès le départ”, indique Amit Zavery, manager général de Google Cloud.

Le responsable dénonce en effet “les pratiques de licences restrictives et injustes” mises en place par “certains fournisseurs historiques qui exploitent le monopole de leurs logiciels sur site”. Dans son message, il ne cite aucun nom. Mais le moteur de recherche visait spécifiquement Microsoft et Oracle dans sa plainte déposée auprès de FTC.

Vente liée

Google Cloud accuse notamment Microsoft de profiter de la position dominante de sa suite Office 365 pour "enfermer" ses clients dans ses services cloud. Le géant de Redmond se livrerait notamment à de la vente liée de son offre Azure avec sa populaire suite bureautique, mais aussi avec son système d’exploitation pour serveur Windows Server.

Selon Google, cette pratique peut se traduire par des surcoûts très élevés pour les entreprises. Ces acteurs historiques “facturent 5 fois plus si les clients choisissent d'utiliser certains clouds concurrents”, assure Amit Zavery. La société dénonce aussi des restrictions techniques qui “limitent l'interopérabilité de logiciels indispensables avec l'infrastructure cloud des concurrents”.

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