La reconnaissance faciale n'a de cesse de mettre Facebook dans des situations délicates. Le 18 octobre 2019, un tribunal a rejeté la demande de la firme américaine visant à annuler un recours collectif pour un prétendu usage abusif de la reconnaissance faciale, en Illinois (Etats-Unis). Selon TechCrunch, Facebook s'est défendu dans un communiqué en indiquant qu'il avait toujours parlé aux utilisateurs de cette technologie en leur laissant le contrôle de son utilisation.
Une sanction record
Les requérants fondent cette demande sur le Biometric Information Privacy Act (BIPA) du 3 octobre 2008. Ce texte législatif protégeant la vie privée prévoit des amendes allant de 1 000 à 5 000 dollars. Etant donné que cette affaire regroupe près de sept millions de plaintes, la sanction à l'encontre de Facebook pourrait monter jusqu'à 35 milliards de dollars (31,5 milliards d'euros). Un montant record pour le groupe.
Les habitants de l'Illinois accusent Facebook de ne pas leur avoir demandé leur consentement pour récupérer des photos dans le but d'analyser leur visage à l'aide de la reconnaissance faciale. De plus, les données collectées auraient été conservées sans que les internautes n'en aient été informés. L'un des juges a même prétendu que ces informations pourraient être utilisées à des fins frauduleuses, comme pour déverrouiller un smartphone équipé d'un dispositif de déverouillage biométrique.
Un outil pour lutter contre les usurpations d'identité
La fonctionnalité du réseau social avait été créée à l'origine pour alimenter les suggestions d'identification sur une photo. Lors de son déploiement, Facebook avançait au moins trois avantages : un meilleur contrôle des photos publiées sur le réseau social, un moyen de lutter contre les usurpations d'identité et un outil d'assistance pour les personnes souffrant de troubles visuels. Cette technologie biométrique a été déployée aux Etats-Unis en 2016, après avoir été supprimée une première fois en 2012. Depuis le 3 septembre 2019, ce dispositif est désactivé par défaut suite à une injonction de la Cnil irlandaise. Les membres de la communauté peuvent désormais choisir de l'activer ou non.
La dernière amende de Facebook pour violation de la vie privée avait été prononcée en juin 2019 par la Federal Trade Commission (FTC), le régulateur du commerce américain. La pénalité de 5 milliards de dollars représentait 9 % du chiffre d'affaires de la firme. Dans le cadre de cet accord, cette dernière avait accepté la création d'un comité sur la vie privée rattaché au conseil d'administration et la mise en place de nouvelles obligations pour assurer la protection de la vie privée des usagers du réseau social.


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