Helsing dévoile le SG-1 Fathom, un mini sous-marin autonome qui détecte les menaces en temps réel

La start-up allemande d'IA de défense a présenté le SG-1 Fathom, un planeur sous-marin capable de patrouiller jusqu'à trois mois sans interruption et pouvant être déployé en masse. Cet appareil sera équipé d'un système d'IA baptisé Lura, dédié à la localisation et la classification de signatures acoustiques. Helsing espère ainsi séduire plusieurs armées européennes, dans un contexte de tensions dans plusieurs espaces maritimes.

Planeurs sous-marins Helsing
Planeurs sous-marins Helsing

Helsing, start-up allemande spécialisée dans l'intelligence artificielle pour le secteur de la défense, accélère dans la surveillance maritime. Elle a présenté le 13 mai SG-1 Fathom, un petit planeur sous-marin autonome pensé pouvant patrouiller jusqu'à trois mois sans remonter à la surface et destiné à une production en masse. “Des centaines de planeurs peuvent être déployés simultanément, formant une constellation mobile de capteurs, équivalente à des satellites surveillant les océans”, avance Helsing dans un communiqué.

Un seul opérateur pour piloter plusieurs centaines d'appareils

Le SG-1 Fathom sera équipé de Lura, un système d'IA reposant sur des “modèles neuronaux acoustiques” conçus pour localiser et classifier les sons émis par les navires et sous-marins tiers, ou signatures acoustiques. “Équipé de capacités de calcul embarquées, le SG-1 Fathom exécute les modèles Lura directement sous l’eau, détectant et classifiant les menaces en temps réel”, précise Helsing. La licorne européenne affirme que Lura peut détecter des cibles 10 fois plus silencieuses que les systèmes existants et revendique une vitesse de détection 40 fois supérieure aux opérateurs humains.

Avec ces systèmes autonomes, Helsing promet une économie de temps pour les opérateurs, où seul l'un d'entre eux est nécessaire pour superviser et piloter plusieurs centaines de planeurs. Ceci lui permet d'obtenir des renseignements suffisamment précis pour “10% du coût des patrouilles de lutte anti-sous-marine classiques”, assure la start-up. Les sous-marins autonomes devraient être déployés dans le courant de l'année, en tant que service externalisé ou directement opérés par les forces marines nationales.

Un déploiement prévu dans des zones maritimes hautement stratégiques

Ces appareils pourront patrouiller aussi bien “dans les grands fonds de l'Atlantique et de l'Indopacifique” qu'en mer du Nord ou en mer Baltique. Les tensions se sont accentuées ces derniers mois en mer Baltique après l'endommagement de plusieurs câbles sous-marins. En janvier, un navire bulgare parti de Russie avait été appréhendé et une enquête pour sabotage aggravé avait été ouverte. Un vraquier chinois avait également été identifié quelques semaines plus tôt. Face à ces menaces, l'OTAN avait annoncé renforcer sa présence militaire dans la zone avec des frégates, avions patrouilleurs et une petite flotte de drones navals.

Valorisée lors de son dernier tour de table à 4,95 milliards d'euros, Helsing s'est rapidement imposée comme l'une des start-up d'IA de défense les plus en vue en Europe. La jeune pousse a décroché un contrat XXL en début d'année, portant sur la livraison de 6000 drones militaires vers l'Ukraine pour une centaine de millions d'euros, après un accord fin 2024 sur la livraison de 4000 appareils aux forces ukrainiennes. Helsing travaille également avec le ministère allemand de la Défense pour améliorer le système de guerre électronique de l'Eurofighter, et depuis février avec la pépite tricolore Mistral dans le but de développer conjointement des systèmes d'IA.

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