Les majors de la musique ont fini par céder. Confrontés à la spoliation constante des œuvres dont ils possèdent les droits, depuis l'émergence d'outils d'intelligence artificielle (IA) générative capables de créer des morceaux, Universal Music et Warner Music ont entamé des négociations avec plusieurs start-ups de ce sémillant secteur. Objectif : conclure des accords de licence impliquant des rémunérations, comme l'a révélé, jeudi 2 septembre, le quotidien britannique The Financial Times.
Un paiement à chaque utilisation de chanson
Ces dernières semaines, les deux géants de l'industrie musicale ont donc échangé avec des jeunes pousses d'intelligence artificielle telles qu'ElevenLabs, Stability AI, Suno, Udio et Klay Vision. De grands groupes comme Google et Spotify ont aussi été conviés à la table des négociations. Au menu de leurs échanges, selon des sources proches du dossier, la création d'une structure de paiement similaire à celle du streaming, où la lecture d'une chanson déclenche une micro-transaction.
En d'autres termes, les entreprises d'IA devraient dans ce système payer les ayants droit d'une musique à chaque fois que celle-ci est utilisée pour entraîner un modèle ou pour générer un morceau précis. Pour automatiser le tout, Universal Music et Warner Music ont demandé à ce que les start-ups développent une technologie d'attribution, inspirée du système d'identification de contenu présent sur la plateforme YouTube, capable d'identifier quand et par qui leur musique est utilisée.
Les labels contraints de revoir leur approche
Interrogé par le Financial Times, Sony Music, un autre major, a fait savoir qu'il était aussi "en pourparlers avec des entreprises qui ont formé leurs modèls de manière éthique et qui profitent à nos artistes et compositeurs". Pour l'heure, nul ne sait si ces négociations aboutiront à des accords concrets, mais elles témoignent déjà d'un changement d'approche des grands noms de l'industrie musicale vis-à-vis de l'IA générative, ces dernières ne souhaitant pas rater le coche d'un bouleversement technologique remettant en cause leur modèle.
Il suffit en effet de se replonger dans les archives de ces trois dernières années pour constater qu'Universal Music, par exemple, n'a jamais goûté la façon dont les entreprises d'IA téléchargeaient les catalogues de plateformes de streaming pour entraîner leurs modèles. En mars 2025, une juge fédérale américaine avait rejeté sa plainte contre Anthropic, accusé d'avoir dérobé et utilisé des paroles de chansons protégées par le copyright. De quoi, manifestement, faire abdiquer le major et le contraindre à négocier.


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