Microsoft a-t-il volontairement floué ses clients pour les faire dépenser davantage en utilisant son outil d'intelligence artificielle (IA) générative Copilot ? C'est ce que croit l'Australian Competition and Consumer Commission (ACCC), l'autorité australienne chargée de la concurrence et de la protection des consommateurs, qui a annoncé, lundi 27 octobre, poursuivre l'entreprise américaine en justice. Elle réclame des sanctions, des réparations pour les consommateurs et le remboursement de certains frais.
Une troisième option invisible
L'histoire débute le 31 octobre 2024, comme le relate l'agence de presse britannique Reuters. "Microsoft a informé les abonnés aux offres Microsoft 365 Personal et Family avec renouvellement automatique activé que, pour conserver leur abonnement, ils devaient accepter l'intégration de Copilot et payer des prix plus élevés pour leur offre, ou bien résilier leur abonnement", explique l'ACCC dans un communiqué publié sur son site lundi.
Sauf que, poursuit l'autorité australienne, Microsoft se garde alors bien de prévenir ses clients qu'une troisième option existe : choisir les formules "Microsoft 365 Personal ou Family Classic, qui permettaient aux abonnés de conserver les fonctionnalités de leur formule existante, sans Copilot, au prix inférieur précédent". Cette possibilité n'était présentée que lorsqu'était entamée une procédure de résiliation d'abonnement.
Informations "fausses ou trompeuses"
Une mauvaise information qui, selon l'ACCC, a permis à Microsoft de générer des revenus plus importants. Dans son communiqué, elle rappelle en effet qu'au moment de l'intégration de Copilot, le prix de l'abonnement annuel Microsoft 365 Personal est passé de 109 à 159 dollars australiens (de 61 à 89 euros, environ) tandis que l'abonnement Microsoft 365 Family est passé de 139 à 179 dollars australiens (de 78 à 100 euros, environ).
"Nous pensons que de nombreux clients Microsoft 365 auraient opté pour le plan Classic s'ils avaient eu connaissance de toutes les options disponibles", estime la présidente de l'autorité de la concurrence, Gina Cass-Gottlieb. Les conclusions de l'ACCC, qu'elle s'apprête à présenter à la justice, sont sans appel : "ces informations fournies aux abonnés étaient fausses ou trompeuses" et contrevenaient donc à la réglementation australienne sur la consommation.
Des sanctions à venir ?
Auprès de Reuters, un porte-parole de Microsoft a déclaré que l'entreprise examinait en détail la plainte de l'ACCC. Celle-ci demande à la justice des sanctions, des réparations pour les consommateurs et le remboursement des frais avancés par les abonnés à Microsoft 365 Personal et Family concernés par l'affaire. La procédure judiciaire cite nommément Microsoft US ainsi que Microsoft Pty Ltd, c'est-à-dire la branche australienne de la firme de Redmond.
Une amende pourrait être infligée à ces entreprises. En Australie, comme le rappelle l'ACCC, la sanction maximale pour chaque violation de la loi sur la consommation correspond à la somme la plus élevée entre trois options : 50 millions de dollars australiens [environ 28 millions d'euros], trois fois "le montal total des avantages obtenus et raisonnablement attribuables" aux faits reprochés, ou bien 30 % du chiffre d'affaires ajusté de l'entreprise pendant la période de l'infraction.


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