L'Australie va interdire YouTube aux mineurs de moins de 16 ans, Alphabet conteste la mesure

La plateforme de vidéos de Google avait initialement échappé aux restrictions légales imposées aux grandes plateformes sociales comme TikTok et Instagram. Mais la donne a changé et YouTube devra coopérer en ce sens à partir du 10 décembre, sous peine d'amende.

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C'est un revirement auquel ne s'attendait ni YouTube, ni les adolescents australiens. Après avoir été exempté en novembre dernier d'un projet de loi interdisant en Australie l’accès aux réseaux sociaux tels que TikTok, X ou Instagram pour les moins de 16 ans, la plateforme de vidéos d'Alphabet (Google) va finalement connaître le même sort que ses semblables. C'est ce qu'a annoncé, mercredi 30 juillet, la ministre australienne de la communication, Anika Wells.

Lutter contre les "algorithmes prédateurs"

A partir du 10 décembre, date à laquelle cette mesure doit entrer en vigueur, "les jeunes âgés de moins de 16 ans ne seront pas en mesure d’avoir un compte sur YouTube", a confirmé le premier ministre australien, Anthony Albanese. L'objectif de cette interdiction, dont les modalités d'application, n'ont pas été détaillées, est selon le gouvernement de protéger les enfants des "algorithmes prédateurs". YouTube risque jusqu'à 49,5 millions de dollars australiens d'amende (soit 28 millions d'euros) s'il ne coopère pas.

La plateforme était pourtant bien partie pour échapper aux restrictions imposées aux autres réseaux sociaux l'an dernier. Mais la commissaire australienne à la sécurité électronique, Julie Inman Grant, a déclaré en juin qu'elle devait finalement faire partie de la liste des services concernés, après que des études ont montré qu'elle était la plus citée en matière de contenus dangereux rencontrés en ligne par les enfants. Les comptes existants des mineurs de moins de 16 ans seront donc supprimés à partir de décembre.

YouTube conteste la mesure

Comme l'a relevé le quotidien britannique The Financial Times, la ministre de la communication, Anika Wells, a justifié la mesure visant YouTube grâce à une métaphore selon laquelle il est préférable d'apprendre aux enfants à nager dans une piscine plutôt qu'au beau milieu de l'océan. En d'autres termes, que les mineurs de moins de 16 ans ne peuvent pas surfer seuls sur un Internet vaste et non régulé. "Nous ne pouvons pas contrôler les océans, mais nous pouvons surveiller les requins", a-t-elle déclaré.

La ministre a par ailleurs fait savoir que son gouvernement ne se laisserait pas intimider par les mencaces légales brandies par Alphabet dans ce dossier. Le groupe américain affirme en effet que YouTube n'est pas un réseau social mais une plateforme de partage de vidéos et souhaite contester la mesure. Ces derniers mois, l'Australie a fait montre d'une forte détermination à réguler le web sous prétexte de protéger les mineurs. D'autres pays, comme le Royaume-Uni et la France, ont adopté des restrictions similaires.

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