Dans le domaine militaire, la course à la miniaturisation des drones n'a pas de limites, surtout lorsqu'il s'agit de passer sous les radars. En témoigne le dernier drone développé par une équipe de chercheurs de l'Université nationale de technologie de défense de Changsha (Chine). Sa particularité ? Il ressemble physiquement à un moustique, fait quasiment la même taille (2 centimètres, contre 1,5 centimètre pour les plus gros) et ne pèse que 0,3 gramme.
Un appareil équipé de mini-caméras et de mini-capteurs
Ce drone est composé d'un corps vertical noir, de deux ailes transparentes et de trois pattes “fines comme des cheveux”, rapporte le South China Morning Post. Malgré sa taille minuscule, il embarque plusieurs systèmes d'alimentation, quelques capteurs, des mini-caméras ainsi que des commandes électroniques. D'après le quotidien sud-coréenChosun Ilbo, les ailes peuvent battre jusqu'à 500 fois par seconde. Un autre modèle développé par l'équipe de chercheurs possède quatre ailes et peut être contrôlé depuis un smartphone.
Dans un entretien accordé à la CCTV 7, l'un des étudiants donne plusieurs cas d'usage de ces drones, comme la reconnaissance d'informations et la réalisation de missions spéciales sur champ de bataille. L'appareil pourrait également être utilisé pour des missions de surveillance et d'identification de personnes et d'objets sur des terrains difficiles d'accès. Mais son principal intérêt réside dans sa détection : il peut passer incognito en échappant à la grande majorité des systèmes radar conventionnels.
Des interrogations sur l'autonomie du drone
Les détails sur cet appareil restent peu nombreux et il est impossible de savoir, à ce stade, si la Chine prévoit de les déployer sur des terrains militaires ou s'il s'agit simplement d'un projet de recherche. Les chercheurs n'ont en outre donné aucun détail sur l'autonomie du drone et la fréquence de collecte et de transmission des données. Quel que soit son stade de développement, l'appareil inquiète plusieurs experts en défense, craignant une utilisation détournée pour écouter des conversations ou infiltrer des sites sensibles publics et privés.
La Chine n'est pas la seule à se lancer dans la conception d'appareils imitant des insectes. Outre-Atlantique, l'Université Harvard a présenté en 2019 RoboBee, un petit objet de 3 centimètres d'envergure pour la recherche et la pollinisation artificielle. Développé sur douze ans, ce robot volant tirait son énergie de panneaux photovoltaïques et était équipé de muscles artificiels pour faire battre ses ailes 120 fois par secondes. Le micro-drone Black Hornet du norvégien Flir Systems est en outre déployé par 19 pays de l'Otan et alliés, dont la France. Plus grand que les deux premiers appareils (il tient dans une paume), ce drone est utilisé dans le repérage de courte portée.


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