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La France peut-elle faire des objets connectés ?

La production en masse de produits électroniques est principalement assurée en Asie. Pour autant, la France dispose d'un vaste écosystème pour concevoir, et même produire des objets connectés.

Article 2 ACSIEL

Avec la présence de grands industriels comme Thomson ou Bull -qui existent depuis des années même si certains pensent que l’électronique est plutôt un secteur de « start-up »-, le secteur de l'électronique bénéficie d'une implantation historique en France. Beaucoup d’usines ont disparu dont la production a souvent été transférée en Asie. Malgré cela, « il reste tout un tissu industriel qui en a pris la succession depuis une vingtaine d'années », observe Thierry Sachot, directeur général d'Éolane, industriel de l'électronique. Cette production est désormais concentrée sur les applications professionnelles.

Ainsi, à l'heure des objets connectés, « la France a tous les atouts en terme d'électronique ». C'est l'avis de Gérard Matheron, président du syndicat Acsiel qui regroupe les acteurs des composants,machines de production et test et mesure électroniques, et directeur du site de Crolles de STMicroelectronics, où sont produits des semiconducteurs. « C'est un milieu d'une richesse extraordinaire, qui compte des grandes entreprises comme des petites, mais aussi des pôles de compétitivités et des universités. » Cette position permet aux acteurs français d'être performants au niveau mondial: chaque année, ils sont nombreux à présenter leurs produits au CES, salon de l'électronique à Las Vegas. La filière est donc complète en France depuis la recherche jusqu’à la fabrication mais ce dernier stade a été trop longtemps négligé et les objets connectés et la collecte/gestion des données qui en résulte pourrait redonner à la production en France un nouvel élan ;

« Il y a des compétences en France pour la production en petite et moyenne série », continue Gérard Matheron. C'est notamment le créneau d'Éolane: « Nous concevons et produisons des objets connectés depuis longtemps, en particulier pour des applications professionnelles », rappelle Thierry Sachot, qui a vu le marché évoluer. « Depuis environ quatre ans, nous produisons également des objets grand public, comme des bracelets ou des montres. » Ces nouveaux produits nécessitent une approche différente en terme de développement: « Il faut être plus réactif, de la mise au point à la production », ajoute le directeur général d'Éolane.

Cela implique de penser une nouvelle organisation. Pour s'adapter à ce marché, les professionnels  ont par exemple

Créé près d'Angers la Cité de l'objet connecté.  « Le grand Ouest compte la concentration de fabricants de systèmes électroniques la plus importante de France, avec des entreprises comme Tronico ou Cofidur », situe Thierry Sachot. Cette Cité rassemble sur un même lieu des compétences en électronique, mais également en design, en plasturgie, ou encore en mécanique. Cela signifie que la production en France reste viable indépendamment du fait que pour certains composants ou systèmes électroniques la production en France est un enjeu de souveraineté.

« Il y a beaucoup de relations entre les acteurs de ce milieu, grâce aux actions des pouvoirs publics, mais aussi des regroupements de professionnels. Tout cela constitue un terreau fertile », constate Gérard Matheron. Selon lui, les grandes sociétés doivent s'organiser pour accompagner les start-ups et les aider à franchir l'échelon international. STMicroelectronics héberge d'ailleurs une douzaine de start-ups. « Nous avons la responsabilité de trouver les bonnes pépites, les bonnes équipes d'entrepreneurs, afin de les encourager et de les aider à grandir, en trouvant des financements et une bonne distribution », ajoute Thierry Sachot.

Tout cela n'est peut-être encore que le début de l'histoire de objets connectés: « Selon moi, nous ne voyons encore que la partie émergée de l'Iceberg », analyse le président d'Acsiel. « La vague de produits industriels est encore à venir, et pour cela nous avons aussi les compétences en France. » Cependant, malgré la présence de quelques fabricants capables de gérer les gros volumes, comme Axis, la production en masse reste généralement sous-traitée , faute d'avoir sur le territoire suffisamment d'acteurs .

« Beaucoup de réflexions se mettent en place en Europe pour assurer une production locale », indique Gérard Matheron. « À ce titre, l'arrivée d'objets connectés dans les usines pourraient justement permettre de remettre des usines en Europe, avec des emplois de techniciens mieux formés, pour la maintenance de systèmes complexes. » L'Internet des objets, souvent vu comme une source de nouveaux services, pourrait donc également doper l'industrie.

Contenu proposé par Acsiel Alliance Electronique

En savoir plus :

Acsiel Alliance Electronique fédère 150 adhérents de la filière depuis les composants et systèmes jusqu’aux machines de production en passant par le test et mesure électroniques.

Du grand groupe à la pme, de la conception à la fabrication et à la distribution ces entreprises travaillent pour des secteurs de plus en plus divers en raison notamment du  développement de l’internet de objets et de besoins sociétaux auxquels les technologies électroniques apportent des solutions.