"Le lancement de ce projet positionne le Grand Est comme un territoire pionnier de la souveraineté numérique en France", a lancé Franck Leroy, le président de la région Grand Est, à l'occasion de l'annonce du projet de cloud souverain régional. L'objectif est de démontrer "qu'il est possible de conjuguer innovation, sécurité et responsabilité écologique dans le domaine du numérique".
Les données ne quitteront pas le Grand Est
Le projet repose sur "une infrastructure distribuée", exclusivement "implantée et exploitée par des data centers locaux". Ce qui signifie que les données hébergées ne quitteront pas "le territoire du Grand Est" et seront stockées "sous la responsabilité d'acteurs régionaux". Cette offre s'adresse aux entités du public comme du privé. Le projet pilote doit durer un an, précise la région.
Le but de ce projet est de ne plus être dépendant des grands fournisseurs de cloud, Amazon Web Services (AWS), Google Cloud et Microsoft Azure. Pour rappel, en faisant appel aux services de sociétés américaines, les données hébergées peuvent être captées – sous certaines conditions – par les autorités de surveillance américaines, quelle que soit la localisation des data centers.
Stimuler l'économie régionale
Mais les intérêts de la région ne s'arrêtent pas là. Avec ce projet, elle ambitionne également de stimuler l'économie numérique régionale en donnant "une opportunité aux petits et moyens data centers locaux de se développer, d'innover et de gagner en visibilité". Egalement, la région souhaite proposer "une solution d'hébergement compétitive" grâce au fait que le système mis en place "ne nécessite pas de duplications massives dans plusieurs centres".
Le cloud est co-construit avec la société québécoise Mantle, à l'origine d'une technologie de stockage distribué et fragmenté de données. Les données sont d’abord découpées en fragments via des techniques de type erasure coding (comme Reed-Solomon), permettant leur reconstruction même en cas de perte partielle. Chaque fragment est ensuite chiffré séparément, puis réparti sur plusieurs datacenters. Cette architecture empêche tout accès centralisé ou non autorisé, même en cas de compromission d’un nœud.
Un projet porté par le tissu économique local
Le projet repose aussi sur des hébergeurs partenaires, membres de la communauté Cloud de Grand Est Développement Solutions, l’agence régionale au service de la transformation des entreprises et des territoires du Grand Est. Parmi ses partenaires, se trouvent Adista, Alesko ou encore Hexanet. Ensemble, ils se sont engagés à héberger "les premiers fragments de données".
Cette annonce intervient quelques jours après le lancement d'un projet similaire par la commune de Ville-la-Grand, en Haute-Savoie, qui souhaite remplacer Microsoft 365 par une suite bureautique souveraine.


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