Son nom pourrait prêter à confusion. Non, le site "arrêtmaladie.fr" n'est pas le nouveau site de l'Assurance Maladie. Il s'agit d'une nouvelle plate-forme de téléconsultation qui vient d'officiellement ouvrir ses portes virtuelles en France ce mardi 7 janvier 2020. Sa promesse : "délivrer en quelques clics des arrêts de travail pour des pathologies courantes" pour un montant de 25 euros "remboursable".
Un arrêt de maximum trois jours
Trois étapes suffisent pour recevoir son arrêt maladie : sélectionner sa maladie (gastro-entérite, coup de froid…), remplir un questionnaire concernant les symptômes, les antécédents médicaux… et procéder à un appel vidéo avec un médecin. Le site s'occupe même de l'envoi de l'ordonnance à l'employeur et la Caisse primaire d'assurance maladie (CNPAM).

La durée de l'arrêt ne peut dépasser trois jours. De plus, les conditions générales du site mentionnent que les patients ne peuvent demander un arrêt sur ce site que dans "un intervalle d'au moins trois semaines".
Le site allemand aurait noué un partenariat avec un Français
La plate-forme est éditée depuis l'Allemagne car elle est le fruit d'une start-up hambourgeoise créée par le docteur en droit et avocat Can Ansay. La version allemande du site, lancée en décembre 2018, a prescrit pas moins de 30 000 arrêts maladie en moins d'un an.
Selon nos confrères de BFM, le partenariat du site semble être une plate-forme française de téléconsultation "Docteursecu.fr" créée en octobre 2019. Dans un communiqué envoyé dimanche 5 janvier, son dirigeant, Loïc Petitprez, réfute toute relation commerciale. Pourtant, c'est bien sur le site de "Docteursecu.fr" que le questionnaire est rempli avant de mettre le patient en relation à distance avec un médecin.
Levée de bouclier générale
Son arrivée a provoqué une levée de boucliers de la part des médecins allemands qui accusaient le site de transformer les actes de prescription en un produit commercial. La réaction des médecins français a été similaire, certains ont même cru à une blague... Mais c'est surtout l'Assurance Maladie qui est montée au créneau. Interrogé par les Echos, son patron, Nicolas Revel, a déclaré assister "à un dévoiement de l'acte de prescription de l'arrêt de travail, qui devient un produit d'appel commercial". Conséquence de quoi, il compte introduire une action en référé pour faire fermer la plate-forme en toute urgence. Mais Nicolas Revel a surtout invoqué des principes éthiques plutôt que des arguments juridiques.
Pour rappel, les médecins ont totalement le droit de prescrire des arrêts de travail via la téléconsultation même s'ils n'ont pas vu le patient physiquement. La plate-forme "arrêtmaladie.fr" n'agit donc pas dans l'illégalité. Mais elle pose plus largement des questions sur le marché des HealthTech dont certains acteurs sont prêts à rompre avec des pratiques traditionnelles pour se faire une place.


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