Le métavers vit ! Si la conférence Meta Connect 2025 a surtout été dédiée aux lunettes IA que Meta développe avec EssilorLuxottica, l'écosystème Quest n'a pas été (totalement) négligé. L'entreprise a notamment fait plusieurs annonces concernant Horizon Worlds, son application de création de mondes virtuels interconnectés inspirée de Roblox.
Et elle définit désormais le "métavers" comme étant à l'intersection de l'intelligence artificielle et de la réalité virtuelle et augmentée. La logique est que créer des mondes interactifs en 3D est long et difficile, et que la génération automatique que permettent les modèles d'IA générative de pointe apparaît comme une solution toute trouvée à ce problème.
L'écosystème Quest a de bons jeux, mais il n'en sort pas assez
Il faut dire que la quantité insuffisante de contenus de qualité est le principal problème de la réalité virtuelle et/ou mixte aujourd'hui. Meta a néanmoins rappelé que 300 applications ont engrangé plus d'un million de dollars à date sur la boutique d'applications Horizon (précédemment Quest Store), et que 10 d'entre elles ont dépassé les 50 millions de dollars de revenus.
Il s'agit de jeux vidéo pour la plupart, développés par de petits studios spécialisés. Quelques nouveaux gros titres doivent sortir d'ici la fin de l'année : Deadpool VR, Star Wars: Beyond Victory, Demeo x Dungeons & Dragons: Battlemarked, et Reach par nDreams. C'est bien, mais cela reste un ordre de grandeur au-dessous de ce qu'on trouve sur Switch 2 ou PlayStation 5. Il faut dire que le développement de jeux en VR est à la fois plus coûteux et plus difficile, mais sans être plus rentable.
Créer des mini-jeux vidéo de A à Z avec des prompts
La solution de Meta réside donc dans la création de contenus par les utilisateurs : c'est le principe d'Horizon Worlds. A Connect, l'entreprise a annoncé Meta Horizon Studio, un nouvel éditeur de mondes qui tourne sur PC (Windows) et pourra générer des mondes 3D à partir d'un simple prompt. L'outil est polyvalent en ce qu'il pourra créer à la fois des éléments spécifiques (modèles 3D, textures, effets sonores, skyboxes, etc.) mais aussi un ensemble complet que l'utilisateur peut ensuite modifier à sa guise. Il générera même des NPCs dotés de capacité de conversation à base de LLM, ainsi que différents types de gameplay avec TypeScript.

Horizon Studio remplace l'éditeur existant d'Horizon Worlds pour PC, sorti en bêta au mois de février, qui s'était déjà vu adjoindre des capacités de génération par IA au fil des mois mais n'avait jusqu'à présent pas la possibilité d'intégrer divers éléments ensemble de façon aussi complète et avec autant de contrôle. C'est un nouvel agent IA qui rend la chose possible. L'application de création de mondes directement en VR qui était sortie avec Horizon Worlds n'est plus maintenue (ce qui représente ironiquement un aveu d'échec pour la création immersive).
Sur le papier, tout cela est très impressionnant. Reste à voir quel sera concrètement le résultat. Le best-seller du moment, Hollow Knight: Silksong, est un jeu 2D qui reprend la recette de certains grands classiques des années 90. Fruit d'un petit studio australien, il s'est vendu en deux semaines à plus de 4 millions d'exemplaires. Il n'y a probablement qu'un seul jeu VR dont les chiffres de vente - cumulés depuis 2019 - puissent s'y comparer : Beat Saber. Avoir de la quantité est une chose, mais c'est la qualité qui fidélise les utilisateurs et donne un essor à une plateforme.
Horizon Engine remplace Unity
Horizon Studio s'appuie sur un nouveau moteur 3D, l'Horizon Engine, qui remplace Unity pour Horizon Worlds. Développé en interne pour cet usage spécifique, il permet d'après Meta un chargement des mondes quatre fois plus rapide ("quelques secondes suffisent") et plus de 100 utilisateurs par instance, soit cinq fois plus qu'auparavant. L'espace d'accueil d'Horizon OS (le nouveau nom du système d'exploitation Quest, renommé l'année dernière) a également été recréé avec Horizon Engine et permet désormais de rejoindre Horizon Worlds en un seul clic. Développer ce moteur de zéro a pris deux ans, d'après Mark Zuckeberg.
Hyperscape scanne un espace pour en créer une copie virtuelle
Meta travaille sur une autre méthode pour créer des mondes virtuels : numériser le réel pour en créer une copie photoréaliste. Il y a d'abord Hyperspace, qui avait été dévoilé à Connect 2024, et qui sort désormais en version bêta (uniquement en Amérique du Nord). Cette application permet de scanner son environnement en quelques minutes avec un casque Quest 3 ou 3S (il faut s'y déplacer et le regarder sous tous les angles), puis de le recréer en 3D en utilisant la technique du Gaussian Splatting. Cette opération s'effectue sur les serveurs de Meta et prend quelques heures. Le résultat est apparemment très impressionnant étant donné la simplicité du processus.

A terme, Meta entend rendre Hyperscape multi-utilisateurs, encore une fois par le biais d'Horizon Engine. On pourra alors recevoir ses amis dans son salon, même s'ils se trouvent à l'autre bout du monde. La promesse de la réalité virtuelle se réalise peu à peu.
Le retour de la vidéo, immersive ou pas
Pour démultiplier les choses à faire sur Quest (et les casques de constructeurs partenaires dont on attend des nouvelles), Meta s'intéresse également de nouveau à la vidéo. Il avait déjà misé sur la vidéo immersive il y a presque une décennie pour ses casques Rift et GearVR, mais avec un succès limité dû aux contraintes techniques de l'époque. Google menait un effort parallèle, notamment avec sa solution Jump, dont il ne reste pas grand chose non plus.
Les commentateurs du secteur s'accordaient à dire que la vidéo n'avait pas sa place sur ce type d'appareil jusqu'à ce qu'Apple n'en fasse l'argument de vente principal de son Vision Pro. Sa résolution d'affichage élevée et son absence de contrôleurs rendent compliqué la sortie de jeux immersifs, mais la vidéo y est en revanche très bien adapté. Grâce notamment au rachat de la start-up NextVR, Apple a produit plusieurs vidéos immersives de haute qualité qui ont démontré l'intérêt de cette approche. Le visionnage de films ou séries 2D y est aussi plutôt bien adapté grâce à sa résolution élevée.
Disney+, Horizon TV, et Avatar: Fire & Ash
Meta mène plusieurs efforts en parallèle sur ce front. Il y a d'abord l'arrivée de Disney+ sur Quest, qui inclut les programmes d'ESPN et Hulu. Le service rejoint Prime Video sur la plateforme, mais on déplore toujours l'absence de Netflix (accessible via le navigateur web, mais l'expérience n'est pas du même registre). Les fans de cinéma d'horreur pour adolescents pourront également profiter d'une application Blumhouse Enhanced Cinema, qui proposera des films comme "M3GAN" et "The Black Phone" avec des effets immersifs conçus sur-mesure pour la réalité virtuelle.

Un nouveau hub baptisé Horizon TV a également été annoncé. Il semble être une réponse directe aux efforts d'Apple, qui produit ses propres films et séries. Meta va se reposer sur des partenaires pour offrir "le meilleur du cinéma, de la TV, du sport et de la musique". Horizon TV est compatible avec Dolby Atmos pour le son et sera compatible avec Dolby Vision d'ici la fin de l'année pour la qualité visuelle.
Pour conclure, le CTO de Meta, Andrew Bosworth s'est payé le luxe de discuter sur scène avec James Cameron, célèbre réalisateur à qui l'ont doit notamment Terminator 1 et 2, Aliens, Abyss, Titanic et Avatar. Il est partenaire de Meta via sa société Lightstorm Vision, qui n'est pas une société de production mais un fabricant d'équipements pour la capture vidéo immersive. Technologue depuis toujours, il est en effet convaincu que le "storytelling 3D" est une voie d'avenir. Un extrait en 3D du troisième volet de la série de films Avatar est d'ailleurs disponible en exclusivité sur Quest.


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