A l'occasion d'un sommet sur la coopération économique de l'Asie-Pacifique (APEC) en Corée du Sud, Samsung a annoncé son intention de construire une "méga-usine IA" (AI megafactory) comprenant pas moins de 50 000 puces Nvidia Blackwell. Elle lui servira à accélérer le développement de semi-conducteurs en créant "un réseau unique qui intégrera tous les aspects du processus de fabrication, du design au contrôle qualité en passant par les opérations et le monitoring des équipements."
Samsung ne donne pas de date pour la mise en oeuvre de ce projet, mais précise qu'il s'appuiera sur la plateforme Nvidia Omniverse qui permet de faire de la simulation à grande échelle à l'aide de jumeaux numériques complexes. En visualisant virtuellement l'ensemble des opérations de ses usines, Samsung cherche à mieux identifier les anomalies, réaliser de la maintenance prédictive et optimiser la production avant toute modification dans le monde réel. A terme, la firme sud-coréenne prévoit de transposer son projet ailleurs dans le monde, notamment dans l'un de ses centres de fabrication à Taylor, aux États-Unis.
Samsung, partenaire clé de Nvidia pour la mémoire
Samsung rappelle aussi qu'il travaille désormais avec Nvidia sur la mémoire HBM4 parmi d'autres projets. L'intégration des mémoires HBM de Samsung dans les puces Blackwell de Nvidia a été un sujet de contention ces deux dernières années, le coréen n'arrivant pas à atteindre le niveau d'exigence de l'américain.
Or, si Samsung a pris beaucoup de retard sur TSMC dans les circuits logiques, il est en bonne position pour s'accaparer une partie du marché de la mémoire lié au boom de l'IA générative, et c'est un marché lucratif. Sa HBM4 est composée d'une DRAM de 6e génération en classe 10 nm avec une base logique en 4nm et peut atteindre des vitesses de traitement de 11 Gbps, dépassant largement la norme JEDEC de 8 Gbps.
Parallèlement, Samsung exploite les bibliothèques cuLitho et CUDA-X pour son processus de correction de proximité optique (OPC). Les résultats sont à la hauteur : l'entreprise a obtenu des performances multipliées par 20 en lithographie computationnelle, qui permet de corriger les micro-variations de gravure. La liste des liens entre les deux entreprises ne s'arrête pas là : elles travaillent également sur l'optimisation des modèles IA de Samsung, des robots humanoïdes, etc.
Un engagement profond en Corée du Sud
Samsung n'est évidemment pas le seul acteur sud-coréen à briller en compagnie de Nvidia. Hyundai a également renforcé ses liens avec l'entreprise américaine afin de construire une usine dédiée à l'IA, équipée de 50 000 GPU Blackwell également. Soutenu par l'Etat, ce projet d'usine doit permettre l'entraînement, la validation et le déploiement de modèles d'IA pour la production, la conduite autonome et la robotique. L'entreprise prévoit d'utiliser les plateformes Drive AGX Thor, NeMo, Nemotron et Omniverse pour simuler les opérations de l'usine.
Enfin, le groupe SK (grand concurrent de Samsung dans la mémoire HBM) conçoit pour sa part une "AI factory" capable d'héberger jusqu'à 60 000 GPU, incluant un cloud d'IA alimenté par des RTX PRO 6000 Blackwell Server Edition. SK Telecom fournira une infrastructure souveraine aux fabricants et start-up nationaux pour la création de jumeaux numériques et d'applications robotiques.


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