Semi-conducteurs: les Etats-Unis renforcent leurs restrictions d'exportation vers la Chine

Quelques semaines avant de quitter le pouvoir, l’administration Biden impose une troisième vague de sanctions contre la Chine, portant notamment sur les puces mémoires à large bande passante.

STMicroelectronics plaquette de puces carbure de silicium de 200 mm
STMicroelectronics plaquette de puces carbure de silicium de 200 mm

Les Etats-Unis ne relâchent pas la pression sur la Chine. Quelques semaines avant de quitter le pouvoir, l’administration Biden va mettre en place lundi 2 décembre de nouvelles restrictions d’exportation dans le domaine des semi-conducteurs, rapporte l’agence Reuters.

Mémoires HBM

Environ 140 entreprises chinoises sont concernées. Dans le détail, cette nouvelle vague de sanctions cible une vingtaine de fondeurs, plus d’une centaine d'équipementiers et deux fonds d’investissement, liste Reuters.

Les restrictions portent sur les puces mémoires à large bande passante (HBM). Celles-ci sont devenues un nouvel enjeu stratégique. Elles sont en effet couplées aux cartes graphiques utilisées pour entraîner ou faire tourner des modèles d’intelligence artificielle générative.

Washington interdit aussi l’exportation vers la Chine d’une vingtaine d'équipements de fabrication de semi-conducteurs. Et aussi de trois logiciels de conception. Ces mesures doivent empêcher la Chine de maîtriser une nouvelle architecture de transistors, appelée GAA, qui doit permettre de graver les futurs composants les plus avancés, en deux nanomètres et moins, expliquait en juin Bloomberg.

Troisième vague de sanctions

Enfin, les Etats-Unis vont élargir la portée internationale de leurs sanctions visant 16 entreprises chinoises considérées comme essentielles pour soutenir les efforts de Pékin dans le domaine des semi-conducteurs. Celles-ci ne pourront plus acheter des équipements ou des puces dont la fabrication a nécessité la moindre technologie américaine.

Plusieurs pays sont touchés, comme Taiwan, la Corée du Sud, Israël ou encore Singapour. Mais les Pays-Bas et le Japon, qui comptent parmi les principaux équipementiers mondiaux, dont ASML et Tokyo Electron, ne sont pas visés. Les deux pays ont en effet déjà mis en place leurs propres restrictions.

En octobre 2022, les États-Unis ont mis en place des mesures pour limiter l’exportation vers la Chine des puces les plus avancées, comme les cartes graphiques de Nvidia dédiées à l’IA. L’an passé, le gouvernement américain a renforcé ces sanctions pour abaisser les critères de puissance. Et il a sanctionné une quarantaine de pays alliés de Pékin, susceptibles de servir d’intermédiaires.

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