Dans leur bataille contre la Chine, les Etats-Unis ne relâchent pas la pression. Dans un courrier adressé mi-octobre aux autorités japonaises, plusieurs élus américains demandent ainsi à Tokyo de renforcer ses restrictions d’exportation d'équipements pour la production de semi-conducteurs. Faute de quoi, ils pourraient passer en force.
"Sans cette action, nous pensons que la Chine continuera de menacer nos intérêts collectifs en matière de sécurité en utilisant des équipements pour semi-conducteurs sophistiqués", écrivent les élus du comité sur la Chine de la Chambre des représentants, dans un courrier adressé à l’ambassadeur japonais à Washington.
En 2022, l’administration Biden a mis en place de sévères restrictions d’exportation vers la Chine des puces les plus avancées, en particulier les cartes de graphique de Nvidia dédiées à l’intelligence artificielle. Mais aussi des équipements nécessaires à leur production.
Pressions sur les Pays-Bas et le Japon
Pour être efficaces, ces sanctions devaient être accompagnées de mesures similaires aux Pays-Bas et au Japon, patries respectives d’ASML et de Tokyo Electron, deux équipementiers essentiels de la chaîne industrielle. Après de multiples pressions diplomatiques, La Haye et Tokyo se sont alignés sur les positions américaines.
Depuis, Washington a renforcé ses sanctions, notamment pour refermer certaines failles dans lesquelles s'était engouffré Nvidia. Les Etats-Unis demandent donc à leurs partenaires de s’aligner sur ces nouvelles restrictions. Les Pays-Bas ont déjà accepté de limiter encore davantage la vente des machines de lithographie d’ASML.
Au Japon, les efforts américains n’ont en revanche pas encore porté leurs fruits, notamment en raison des craintes du gouvernement de pénaliser trop fortement Tokyo Electron. Un argument balayé par les élus du Congrès, qui soulignent que la société anticipe un chiffre d’affaires record. Le Japon redoute aussi de subir des représailles de Pékin, notamment sur l’exportation de terres rares.
Le Congrès menace Tokyo d’agir “unilatéralement”
Pour Washington, le temps presse. “La Chine utilise les équipements américains, japonais et néerlandais pour développer la plus grande base industrielle mondiale de fabrication de semi-conducteurs”, soulignent les élus dans leur courrier. “Plus inquiétant encore, une grande partie de cette capacité de fonderie est construite par Huawei, [...] une entreprise qui a un historique de menace de notre sécurité nationale”.
Si la voie diplomatique n’aboutit pas, le Congrès menace Tokyo d’agir “unilatéralement”. Washington pourrait notamment imposer de nouvelles restrictions d’exportation vers la Chine pour les entreprises étrangères qui utilisent des technologies américaines, ce qui est le cas des équipementiers japonais. Les élus menacent aussi d’exclure les sociétés japonaises du Chips Act, un vaste programme de subventions pour accroître la production de semi-conducteurs aux Etats-Unis.


![[ÉNERGIES] Déployez vos projets IA à l’échelle, inspirez-vous du cas ENGIE Entreprises et Collectivités](https://cdn.webikeo.com/webinar_logo/2025-10-24-ac93013fcd6c2ea907b5a091f0e74c90.png)
